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Pourquoi les prix de l’or ont de bonnes raisons de continuer à grimper

Après avoir baissé pendant plusieurs années, les prix de l’or se sont redressés entre janvier et août, dopés par l’apparition de nouveaux risques financiers et par les évolutions géopolitiques. Même si l’élection surprise de Donald Trump a entraîné une correction récemment, Steve Land, Vice-président et gérant de portefeuille au sein du Franklin Equity Group, pense que les prix peuvent encore rebondir en 2017 sous l’effet d’une possible hausse de l’inflation américaine et d’un repli de l’offre. Il présente ici les défis et les opportunités qui pourraient se présenter pour les entreprises d’extraction d’or au cours de l’année à venir.

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 Après un début d’année sur les chapeaux de roue (les prix spot sont passés de 1 060 USD l’once en janvier[1] à un plus haut de 1 366 USD en juillet),[2] l’or a subi un nouveau revers dû à la réduction des achats chinois et indiens ainsi qu’au retrait des investisseurs à la suite du choix britannique de sortir de l’Union européenne (Brexit), l’approche du vote ayant largement contribué à la hausse de la demande au deuxième trimestre. De plus, la volatilité des prix de l’or s’est accrue avant l’élection présidentielle américaine début novembre. Quand la victoire de Donald Trump est devenue évidente, l’once d’or a gagné plus de 60 USD pendant la séance de négociation internationale, avant de redescendre à l’ouverture des marchés américains. Puis, après l’élection, les prix se sont repliés à mesure que les investisseurs privilégiaient les secteurs considérés comme directement avantagés par la domination des Républicains au Sénat et à la Chambre des Représentants.

Actuellement, le prix de l’or s’établit autour de 1 184 USD l’once[3], soit 11 % de plus qu’au début de l’année. Début janvier, beaucoup d’investisseurs ont commencé à se tourner vers les actifs considérés traditionnellement comme des « valeurs refuges », et dont fait partie l’or. Ses caractéristiques de « réserve de valeur » sont particulièrement attrayantes pendant les phases de bouleversement des marchés, car le métal jaune présente historiquement une corrélation faible avec les autres classes d’actifs.

Cette année, les prix de l’or ont également été portés par la faiblesse historique des taux d’intérêt dans de nombreuses régions du monde : en effet, des taux faibles réduisent le coût d’opportunité associé à la détention d’or physique. Même si l’or n’offre pas de rendement et comporte souvent des coûts de stockage, il est plus souvent préféré aux obligations souveraines qui sont assorties d’un taux négatif. C’est une classe d’actifs raisonnablement liquide qui n’est pas corrélée à une région, un système financier ou un gouvernement en particulier.

Les élections de l’année prochaine pourraient aussi avoir une influence sur le prix de l’or, comme on a pu le voir avec la flambée éphémère qui s’est produite après les premiers résultats indiquant la victoire de Donald Trump. L’incertitude est un facteur qui bénéficie beaucoup à la classe d’actifs. Naturellement, toutes les élections s’accompagnent de changement, mais vu la nature du résultat aux États-Unis et la réaction du marché, les votes prévus, notamment en Europe, peuvent potentiellement engendrer des bouleversements importants.

Une nouvelle accélération de l’inflation américaine pourrait elle-aussi profiter aux prix de l’or, que certains considèrent comme une couverture contre l’inflation. Cette année, les prix ont évolué au gré des anticipations de politique monétaire américaine : ils se sont repliés quand il semblait que la Fed était en avance sur l’inflation et se sont inscrits en hausse quand l’institut d’émission paraissait disposé à intervenir une fois seulement que l’inflation se serait matérialisée. Précisons que l’orientation des prix de l’or est très difficile à prédire et que leur corrélation avec les taux d’intérêt n’est pas claire. Les plus fortes fluctuations à court terme sont généralement dues à des événements que le marché n’anticipait pas totalement, à l’image du Brexit en juin.

Contraintes sur le front de l’offre

Pour l’or comme pour la plupart des matières premières, les prix évoluent en fonction de la dynamique fondamentale de l’offre et de la demande. Cette année, la demande en or des investisseurs a contribué très nettement à tendre l’équilibre offre/demande. L’offre minière met du temps à s’ajuster en cas de hausse des prix, et après cinq années de valorisations faibles, les extracteurs aurifères se se sont retrouvés avec des bilans dégradés et des investisseurs frustrés : entre 2010 et 2015, les actions du secteur ont chuté de 76,2 %.[4] Visiblement, les sociétés d’extraction minière n’ont pas assez investi, à tel point que même en augmentant largement leurs dépenses, on voit mal comment elles pourraient accroître leur production en l’espace de cinq ans, car il faut souvent dix à quinze ans pour déployer un gisement à travers différentes étapes (études de faisabilité, obtention de permis et construction d’une mine).

Cinq années de baisse de leurs actions ont forcé les extracteurs à adopter une discipline dont ils n’étaient pas familiers. À l’issue de ce ralentissement, les entreprises d’extraction aurifère semblent plus soucieuses que jamais de la rentabilité du capital et de la création des flux de trésorerie disponibles. Cette mauvaise période les a contraintes à réduire leurs coûts et leurs dépenses, et nous pensons qu’elles s’en sont très bien sorties cette année en conservant leur discipline financière face à la hausse des prix, d’où une nette amélioration de leurs flux de trésorerie et de leurs bénéfices.

Cependant, il sera peut-être plus difficile désormais de maintenir le même contrôle des coûts, d’autant que l’activité économique globale continue de s’accélérer, ce qui exerce généralement des tensions haussières sur les prix de l’énergie. Depuis quelques années, le secteur de l’or bénéficie de la faiblesse des cours pétroliers car le déplacement et la fracturation des roches consomment énormément d’énergie : par conséquent, une hausse importante des prix du pétrole risquerait d’affecter les marges opérationnelles. De la même façon, la faiblesse des devises dans certains pays producteurs comme l’Afrique du Sud, l’Australie et le Canada a contribué à réduire les coûts ces dernières années, mais ces devises s’apprécient depuis peu dans le sillage des prix des matières premières, ce qui va probablement peser sur la base de comparaison annuelle pour le quatrième trimestre 2016.

Opportunités

Nous identifions des opportunités d’investissement attrayantes dans le secteur aurifère, où de nombreuses sociétés se négocient toujours en-dessous du prix que coûterait maintenant la construction de leurs mines existantes. Il faut bien garder à l’esprit que ce secteur fait partie des plus volatils du marché. Même après le mouvement haussier de cette année, le prix de l’or est toujours inférieur de plus de 50 % à ses niveaux de fin 2010.

Selon nous, il faut investir dans le secteur aurifère si l’on est profondément convaincu que les prix de l’or vont être soutenus par des événements extérieurs comme le Brexit, l’accroissement des tensions commerciales ou les politiques monétaires et budgétaires, créatrices d’inflation. Si les prix progressent encore, ils ouvriront de nouvelles opportunités pour des mines dont l’exploitation n’était pas justifiée à des niveaux de prix inférieurs, avec de nouvelles conditions qui rendront économique le recours à des ressources de moins bonne qualité et qui feront baisser le coût du capital investi dans des usines et des équipements. De plus, l’accroissement des flux de trésorerie donne l’occasion de rembourser la dette plus vite que prévu et d’envisager de nouveaux projets d’exploration ou d’extension de mines.

Enfin, les sociétés minières maintiennent les efforts pour améliorer leurs structures de coûts opérationnels, le remboursement de leur dette et la rationalisation de leurs actifs, ce qui devrait accroître leur potentiel de performance et favoriser une appréciation de leur cours de Bourse, en particulier dans un environnement de hausse des prix de l’or. Selon nous, les valeurs aurifères présentent un profil attrayant dans une optique de diversification des portefeuilles en raison de leur faible corrélation avec le reste du marché dans un contexte volatil.

Les commentaires, les opinions et les analyses présentés dans ce document reflètent un point de vue personnel du gérant et sont fournis à titre d’information uniquement. Ils ne constituent pas des conseils d’investissement individuels, une recommandation à acheter, vendre ou détenir un titre ou à adopter une stratégie d’investissement particulière. Ils ne constituent pas un conseil d’ordre juridique ou fiscal. Les informations contenues dans ce document sont valables à leur date de publication et peuvent changer sans préavis, et ne constituent pas une analyse complète des évènements survenant dans les divers pays, régions ou marchés.

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 Quels sont les risques ?

 Tout investissement comporte un risque, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Le secteur des métaux précieux implique des fluctuations des prix de l’or et d’autres métaux précieux ainsi qu’une sensibilité accrue à la dégradation des conditions économiques et aux changements réglementaires qui affectent le secteur. Il s’accompagne également parfois des risques de fluctuation des devises et d’incertitude politique liés aux placements à l’étranger. Les investissements sur les marchés en développement présentent d’ailleurs des risques accrus par rapport aux mêmes facteurs, en plus de ceux associés à leur taille inférieure et à leur liquidité plus limitée. Les entreprises plus petites peuvent être particulièrement sensibles aux fluctuations des conditions économiques et leurs perspectives de croissance sont moins sûres que celles des sociétés de plus grande envergure et mieux établies. Un portefeuille non diversifié implique un risque de fluctuation plus important qu’un portefeuille diversifié.

[1] Source : FactSet. Voir www.franklintempletondatasources.com pour des informations supplémentaires sur le fournisseur de données.

[2] Ibid.

[3] Source : Bloomberg, 25 novembre 2016. Voir www.franklintempletondatasources.com pour des informations supplémentaires sur le fournisseur de données.

[4] Source : FTSE Russell, période de cinq ans achevée le 30 septembre 2016. Les actions du secteur aurifère sont représentées par l’indice FTSE Gold Mines, qui regroupe toutes les entreprises d’extraction d’or dont la production attribuable est durable et estimée à au moins 300 000 onces par an, et dont au moins 51 % des revenus proviennent d’activités d’extraction d’or. Les indices ne sont pas gérés et il n’est pas possible d’y investir directement. Ils ne tiennent pas compte des frais, dépenses ou droits d’entrée. Les performances passées ne constituent pas un indicateur ni une garantie des performances futures.