Les secteurs les plus à même de saluer la réforme fiscale aux États-Unis
7 février, 2017

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Les marchés financiers semblent placer de grands espoirs dans de nouvelles politiques pro-entreprises aux États-Unis après l’investiture de Donald Trump, qui est devenu, le 20 janvier, le 45e président du pays. Il reste à voir si les promesses de campagne de Trump se traduiront concrètement par des changements politiques, mais lorsqu’il s’agit de réformes fiscales potentielles et d’initiatives en matière de dépenses budgétaires, certains secteurs boursiers en profitent assurément plus que d’autres. Ed Perks, Directeur des investissements de Franklin Templeton Equity, inclut les actions des secteurs de la finance, de la consommation et de l’industrie (en général) dans cette catégorie. Tout en étant optimiste quant au marché actions pour l’année à venir, il fait observer qu’il demeure encore de nombreuses inconnues.

Ed Perks

Ed Perks

Ed Perks, CFA
Vice-Président exécutif
Directeur des investissements
Franklin Templeton Equity 

Aux États-Unis, la réforme fiscale apparaît comme la pierre angulaire de la nouvelle administration de Donald Trump, et nous nous attendons à ce que des politiques soient adoptées dans ce domaine au cours des prochains mois à travers le processus de réconciliation budgétaire, ce qui pourrait avoir des répercussions en matière d’investissement. Alors que seuls quelques détails précis sont à ce jour disponibles, certaines similitudes manifestes dans les propositions mises en avant devraient nous aider à nous orienter. Soulignons-en trois :

  • Baisse du taux d’imposition marginal fédéral sur les bénéfices des sociétés
  • Simplification du code des impôts et abrogation de la majorité, ou au moins d’un grand nombre, des allègements fiscaux pour les entreprises
  • Instauration d’un congé fiscal pour le rapatriement des bénéfices étrangers cumulés

Il est toujours difficile de jauger l’impact de changements politiques considérés séparément. Toutefois, nous estimons qu’une réforme fiscale d’envergure combinée à d’autres mesures de relance budgétaire, telles que des dépenses d’infrastructure et le rapatriement de bénéfices étrangers, pourrait s’avérer très efficace (au moins à court terme) pour donner une impulsion ou une accélération à la croissance du produit intérieur brut (PIB) au cours des prochaines années.

S’agissant de certaines conséquences possibles sur le marché et les secteurs, nous souhaitons d’abord examiner l’incidence de la réforme de la fiscalité des entreprises. Nous pensons que l’ébauche du groupe de travail républicain à la Chambre des représentants consacré à la réforme fiscale vise certaines des questions qui ont contribué à créer un système fiscal que certains jugent inefficace et non compétitif.

À l’heure actuelle, les bénéfices que les entreprises nationales réalisent dans le monde entier sont soumis à un taux d’imposition de 35 % à l’échelle fédérale américaine. Les gains réalisés à l’étranger sont imposés uniquement lorsqu’ils sont rapatriés (également à un taux de 35 %), diminués d’un crédit pour tout impôt étranger payé, ce qui, en réalité, a au final incité les multinationales à laisser à l’étranger des gains qui y avaient été réalisés pour plus de 2 500 milliards de dollars. Nous escomptons un congé fiscal ponctuel pour le rapatriement des gains étrangers cumulés. Chose importante, nous pensons que cela est susceptible de jouer un rôle, que les liquidités en provenance d’États étrangers soient ou non rapatriées vers les États-Unis.

Si parmi les premières propositions de la réforme fiscale, certaines demandent une imposition des sociétés à des taux aussi faibles que 15 à 20 %, nous pensons finalement que le taux tombera à un niveau compris entre 20 et 25 %, et sera susceptible d’inclure une réduction notable du nombre de déductions fiscales et de crédits d’impôt. Cela simplifierait de manière significative le code des impôts.

Les valeurs de la finance, des biens de consommation et de l’industrie susceptibles de marquer des points

Les réformes fiscales potentielles aux États-Unis devraient avoir toute une série de conséquences sur les différents secteurs et entreprises du marché actions, mais cela dépend au final d’une situation propre à une entreprise particulière. Cela étant, en regardant tour à tour les différents secteurs, nous voyons des entreprises plus enclines que d’autres à tirer leur épingle du jeu. De notre point de vue, les entreprises axées sur les valeurs financières et dont les taux d’imposition effectifs sont plus élevés, font partie des probables bénéficiaires. Nous plaçons également les entreprises des secteurs de la consommation cyclique, des biens de consommation et de l’industrie dans cette catégorie, en particulier les entreprises qui possèdent un profil marqué en termes de production nationale et/ou qui sont particulièrement exportatrices. Les entreprises en concurrence avec de grands importateurs de biens peuvent voir là un avantage concurrentiel.

Ceux qui peuvent voir dans ces évolutions un avantage moindre sont notamment les entreprises de la santé et de la technologie ; nous pouvons effectivement constater dans ces domaines une augmentation des liquidités ou des taux d’imposition selon les PCGR,[1] en particulier pour les entreprises qui ont été un peu plus offensives avec des stratégies de planification fiscale et/ou la délocalisation d’une part importante de leurs activités.

Globalement, nous pensons que la réforme fiscale devrait être positive pour les actions américaines en général. Il est possible que le profit généré par des taux d’imposition plus faibles soit réparti entre les bénéfices et les liquidités au niveau des entreprises. En association avec les effets de dépenses accrues, d’éventuels investissements nationaux et d’autres mesures de relance, nous percevons le potentiel d’une accélération de la croissance du PIB américain qui serait comprise entre 0,5 et 1 % au cours des prochaines années.

Nous demeurons optimistes quant à la combinaison de ces différentes initiatives : réforme fiscale, simplification du code des impôts, rapatriement de bénéfices étrangers, dépenses d’infrastructure, capacité à renforcer ou à stimuler une hausse des dépenses nationales comme des investissements nationaux. L’un des principaux facteurs à l’origine d’une décélération de la croissance des bénéfices lors des dernières années a été le recul de la productivité. Nous pensons que parmi les initiatives précitées, nombreuses sont celles qui pourraient contribuer à améliorer la productivité et à nous placer sur une trajectoire de croissance des bénéfices pour les années à venir. Notre vision à long terme et nos activités de recherche dédiées peuvent nous aider à trouver des opportunités intéressantes dans un paysage en pleine évolution.

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[1] Les principes comptables généralement reconnus (PCGR) représentent les principes, normes et procédures comptables que les entreprises doivent suivre lorsqu’elles préparent leurs états financiers.