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Perspectives

Comment la hausse de l’inflation pourrait-elle voler à la rescousse des résultats de la zone euro

L’environnement macro-économique en ce début d’année 2017 présente manifestement un tableau idyllique des actions européennes. Néanmoins, l’écart entre les résultats des entreprises européennes et américaines ne semble pas bouger d’un iota. Il se pourrait bien que cela change bientôt d’après Dylan Ball, Vice-président exécutif, Groupe de gestion des actions mondiales Templeton Il pense en effet que les perspectives d’une hausse de l’inflation dans toute la zone euro pourraient servir de catalyseur pour combler l’écart entre les bénéfices.

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Après les surprises politiques qui ont fait les gros titres de 2016 dans le monde entier, nous estimons que les conditions sont réunies pour que les actions européennes fassent une belle année 2017,et il était vraiment temps !

Les expériences récentes montrent que les marchés actions en général peinent à évaluer les événements politiques. Néanmoins, nous pensons que la politique ne dirigera pas à long terme les marchés actions, mais plutôt qu’elle offrira une opportunité à court terme de tirer partie de tendances à long terme.

En tant qu’investisseur « value », nous tentons de rester focalisés sur des perspectives de placement à plus long terme et nous nous servons de la volatilité pour rechercher des sociétés sous-évaluées.

Un environnement macro-économique positif

Dévaluation de l’euro, dynamisme du cycle de crédit et assouplissement de l’austérité sur tout le continent : tous ces facteurs sont généralement positifs pour les actions européennes.

De plus, nous estimons que les perspectives d’une hausse de l’inflation qui semble se profiler à l’horizon sont encore plus importantes pour la classe d’actif en 2017. De notre point de vue, l’inflation devrait donner un coup de pouce aux bénéfices européens.

Traditionnellement, elle a plutôt tendance à retarder de trois à quatre mois environ les fluctuations de prix de l’énergie et des matières premières. En septembre dernier, les cours pétroliers sont remontés à près de 50 USD le baril après avoir connu des niveaux historiquement bas. L’effet de cette hausse des prix se reflète désormais dans les chiffres de l’inflation, ce qui nous laisse à penser que l’Europe pourrait passer d’un environnement de 1 à 2 % d’inflation à peut-être 3 à 4 % d’inflation.

Pourquoi est-ce important pour les résultats européens ?

L’écart entre les résultats américains et européens ne bouge pas d’un iota depuis plusieurs années. Les bénéfices en Europe sont toujours de près de 60 % en-dessous de leurs meilleurs niveaux en 2008/2009 alors qu’aux États-Unis, ils sont 10 % supérieurs à ce qu’ils étaient il y a huit ou neuf ans.[1]Dylan Ball Feb Blog

Selon les observateurs, ces écarts s’expliquent par un certain nombre de raisons. L’une d’entre elles est que le type de politique monétaire adopté par la Banque centrale européenne ne peut pas fonctionner efficacement sans harmoniser la fiscalité.

Une autre vise l’impact des résultats positifs des rachats d’actions aux États-Unis où le régime fiscal soutient traditionnellement ce type de mesures.

De notre point de vue, la principale raison expliquant une telle disparité entre les résultats européens et américains est que les marges bénéficiaires dégagées en Europe n’ont pas encore retrouvé le niveau qu’elles pourraient légitimement escompter.

Les observateurs peuvent certes aisément conclure à une concurrence plus mauvaise des marchés du travail en Europe par rapport à ceux des États-Unis et à un manque de réactivité à une demande de toute façon plus faible. Nous ne pensons néanmoins pas que ce soit le cas ; les coûts de la main d’œuvre en Europe sont très compétitifs selon nous.[2]

Au lieu de cela, nous estimons que les prix constituent le problème sous-jacent.

Les entreprises européennes sont en effet des « preneuses de prix » ou « price takers » : lorsque l’inflation chute, elles ont tendance à baisser leurs prix pour concurrencer leurs homologues américaines et asiatiques. Lorsque l’inflation remonte, elles vont en revanche plutôt les augmenter.

C’est pourquoi nous nous attendons à ce qu’elles réduisent leur écart avec les États-Unis après avoir réagi comme à leur habitude à la hausse de l’inflation.

Inflation : bonne pour l’Europe, bonne pour les investisseurs « value »

Ces huit ou neuf dernières années, nous avons vécu dans un monde déflationniste. En tant qu’investisseur à contre-courant pendant cette période, nous avons pris des participations dans des sociétés qui s’en sortent bien en l’absence d’inflation. En revanche, étant donné que l’inflation remonte, nous pensons à réévaluer les titres industriels, financiers, pétroliers et gaziers en Europe.

À mesure que nous observons le panorama des actions européennes, le scénario d’une revalorisation est en effet celui qui nous semble offrir une belle opportunité pour les performances à long terme.

À quel point l’inflation est-elle durable ?

Selon nous, un grand nombre de facteurs indique une longue période de forte inflation dans toute l’Europe.

Notre étude de base intègre des prix du pétrole et des matières premières plus élevés, car plusieurs cours de matières premières importantes donnent des signes de reprise au deuxième ou au troisième trimestre 2016.

Une hausse des dépenses d’infrastructure aux États-Unis et en Europe devrait maintenir ce dynamisme.

Les cours du pétrole continuent d’être axés sur l’offre. Nous n’avons pas de boule de cristal, mais nos recherches et nos calculs laissent à penser que la demande mondiale de pétrole pourrait supporter un prix supérieur au niveau récent de 55 USD le baril.

Après tout, la demande de pétrole continue de progresser de 1 à 2 % par an à l’échelle mondiale.[3] Alors qu’une hausse du nombre de plateformes de forage aux États-Unis pourrait d’une certaine manière combler la croissance de la demande, les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole semblent disposés à limiter leur production afin d’augmenter les prix.

En attendant, nous avons pu constater à l’occasion de récents voyages de recherche en Europe que le débat sur la politique de relance passait de la sphère monétaire à la sphère fiscale.

Suivant certains analystes, si le Président américain Donald Trump mettait réellement en place le levier fiscal qu’il commence à financer et à développer, certains pays européens comme l’Allemagne pourraient envisager de le suivre.

Qui plus est, si l’administration Trump applique la visée plus protectioniste prônée pendant toute la campagne présidentielle, il pourrait également en résulter un effet inflationniste se traduisant par une hausse des prix à l’importation.

Les commentaires, opinions et analyses du présent document sont communiqués à titre d’information uniquement ; ils ne sauraient être considérés comme un conseil d’investissement individuel ou comme une recommandation d’investir dans un quelconque titre ou d’adopter une quelconque stratégie d’investissement. Les conditions économiques et de marché étant susceptibles d’évoluer rapidement, les commentaires, opinions et analyses sont valables à leur date de publication et peuvent changer sans préavis. Les présentes ne constituent pas une analyse exhaustive de tous les aspects importants d’un pays, d’une région, d’un marché, d’un secteur, d’un investissement ou d’une stratégie.

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Quels sont les risques ?

Tout investissement comporte un risque, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Les cours des actions sont soumis à des fluctuations, parfois rapides et importantes, en raison de facteurs affectant les entreprises individuelles et certains secteurs ou sous-secteurs, ou du fait des conditions générales de marché. La valeur des titres peut ne pas évoluer comme prévu et peut même diminuer. Un portefeuille exposé en particulier à certains pays, régions, industries, secteurs ou types de placements peut être sujet à un risque d’événements défavorables plus élevé qu’un portefeuille investissant de façon plus diversifiée. Les investissements à l’étranger comportent des risques spécifiques, comme les variations des taux de change, l’instabilité économique et l’évolution de la situation politique.

[1] Source : FactSet. L’Europe et les États-Unis sont respectivement définis par le MSCI Europe Index et le MSCI USA Index. MSCI n’offre aucune garantie et décline toute responsabilité quant aux données MSCI reproduites dans le présent document. Aucune redistribution ou utilisation n’est autorisée. Ce rapport n’est pas établi ou approuvé par MSCI. Consultez le site www.franklintempletondatasources.com pour obtenir des informations supplémentaires sur les fournisseurs de données. Toutes les données sont au 31 décembre 2016. Les performances passées ne constituent pas un indicateur ni une garantie des performances futures. Les indices ne font l’objet d’aucune gestion et il n’est pas possible d’y investir directement. Ils ne tiennent pas compte des frais, dépenses ou droits d’entrée.

[2] Eurostat, décembre 2016.

[3] Source : Étude du marché du pétrole réalisée par l’Agence internationale de l’énergie, données de 2016 et projection de 2017. Rien ne garantit que les estimations ou prévisions se réalisent.