Le point de vue d’un investisseur sur les élections présidentielles françaises
6 avril, 2017

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La plupart des commentateurs s’accordent à dire que le premier tour des élections présidentielles françaises, qui doit avoir lieu le 23 avril, révèlera quel candidat s’opposera à Marine Le Pen, la dirigeante du Front national, parti d’extrême-droite, lors du second tour en mai. Dans cet article, David Zahn, responsable Taux Europe du Franklin Templeton Fixed Income Group, dresse un bilan succinct de la manière dont le marché obligataire pourrait réagir aux différents candidats.

David Zahn

David Zahn

David Zahn, CFA, FRM
Responsable Taux Europe
Vice-président senior et gérant de portefeuille
Franklin Templeton Fixed Income Group

Malgré l’échec, lors des dernières élections aux Pays-Bas, du parti anti-immigration et anti-Union européenne (UE) qui n’a pas réussi à faire une percée significative, nous sommes d’avis qu’il ne faut pas écarter complètement l’influence du populisme sur les élections européennes à venir.

Comme nous le faisions remarquer après les élections néerlandaises, il existe de nombreuses similarités entre le Front national de Marine Le Pen et le Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders aux Pays-Bas.

Néanmoins, après l’échec de Wilders lors des élections néerlandaises (largement salué par les marchés), nous estimons que les investisseurs devraient faire preuve de précaution et éviter le type de complaisance qui s’est fait sentir lors du vote du Brexit au Royaume-Unis et des élections présidentielles américaines.

D’après notre scénario de base, Le Pen et le candidat indépendant centriste Emmanuel Macron devraient sortir vainqueurs au premier tour, le 23 avril, avant de s’affronter lors du second tour du 7 mai. Nous n’élaborons pas de prévisions électorales, mais nous pensons que Macron remportera vraisemblablement les élections.

Bien que nous n’écartions pas la possibilité que Le Pen remporte le second tour en mai, celle-ci nous semble faible.

Même en cas de défaite de Le Pen aux élections, le populisme risque fort, selon nous, de continuer à dominer le paysage politique européen pendant les années à venir.

Si Macron se retrouve face à Le Pen au second tour et sort vainqueur des élections, un rebond des obligations du gouvernement français nous semble très probable, en tout cas à court terme.

Sur le long terme, en revanche, nous pensons qu’une victoire de Macron pourrait avoir des retombées négatives sur les marchés obligataires français, car son programme est pour le moment obscur et semble ne pas aborder suffisamment deux enjeux économiques majeurs : Le ratio dette/produit intérieur brut (PIB) et le déficit de la balance courante, tous deux élevés en France.

En revanche, nous nous attendons à une réaction immédiate plus négative des marchés en cas de victoire de Le Pen au second tour.

Dans ce scénario, nous prévoyons un probable marché baissier sur les obligations d’État français. Le Pen a affirmé qu’elle organiserait un referendum sur l’appartenance de la France à l’UE. Bien qu’il reste encore à savoir si elle sera en mesure de le faire, les marchés risquent selon nous de commencer à envisager la probabilité d’un départ de la France et cela entraînerait probablement une hausse de la votalité pour les obligations françaises.

Une victoire du candidat du centre-droit François Fillon, dont la campagne a été émaillée par de nombreuses accusations de malversation, constituerait aujourd’hui une possibilité encore plus improbable.

Toutefois, si Fillon devait sortir vainqueur, cela pourrait s’avérer positif pour les obligations françaises. Fillon est à notre avis le seul candidat à s’attaquer réellement aux enjeux majeurs de l’économie en France. Sur les trois principaux candidats, il serait, selon nous, le seul vrai réformateur, prônant la réduction du rôle de l’État et s’attaquant aux problèmes de la dette et du déficit.

Autre point important à prendre en compte : une victoire décisive de Le Pen au premier tour n’en fait pas nécessairement la favorite de l’élection. Mais là encore, si elle n’accède pas à la présidence, cet échec ne risque pas de sonner le glas de l’influence de Le Pen elle-même ni des partisans de ses idées populistes.

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