Surmonter le vacarme politique en Europe pour profiter des opportunités
19 avril, 2017

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Dans un climat d’incertitude politique en Europe découlant des élections à venir et du début des négociations du Brexit, une autre histoire se joue en filigrane : celle qui concerne l’amélioration de la situation de l’économie et des entreprises. Ici, Philippe Brugère-Trélat et Katrina Dudley de chez Franklin Mutual Series expliquent comment ils surmontent le vacarme politique pour découvrir des opportunités dans les actions européennes. Ils apportent un regard nouveau dans deux domaines en particulier qui ont fait les titres des informations financières ces derniers temps : les actions cotées au Royaume-Uni et la finance européenne.

Philippe Brugere-Trelat

Philippe Brugere-Trelat

Katrina Dudley

Katrina Dudley

 Philippe Brugère-Trélat
Executive Vice President
Portfolio Manager, Mutual European Fund
Franklin Mutual Series
 

Katrina S. Dudley, CFA
Research Analyst
Portfolio Manager, Mutual European Fund
Franklin Mutual Series

 

Nous pensons que le contexte économique et financier des actions européennes s’est amélioré et que la région est plus à même de survivre à des chocs inattendus que ces dernières années. Bien que l’histoire récente indique qu’il y a des raisons d’être sceptique par rapport aux sondages politiques, nous ne pensons pas que les partis populistes signeront des victoires suffisamment importantes lors des élections nationales pour menacer l’existence de l’Union européenne (UE). Si les élections se déroulent comme le suggèrent les sondages, et si le Royaume-Uni et l’UE peuvent entamer des négociations constructives sur le Brexit, nous pensons que la demande refoulée et le soulagement des entreprises parmi les investisseurs pourraient être à l’origine d’excellentes performances de l’économie et des marchés financiers dans l’ensemble de l’Europe.

En somme, nous maintenons une perspective positive pour les actions européennes, mais nous pensons que la sélectivité est cruciale. Notre processus de sélection d’actions bottom-up se concentre sur l’achat de bonnes sociétés s’échangeant à des valeurs inférieures à leurs valeurs intrinsèques sur la base d’une analyse des fondamentaux (par exemple ratios cours-flux de trésorerie ou analyse de la somme des parties). Les conditions macro-économiques et les événements politiques peuvent influencer la valorisation d’une société donnée, mais nous ne procédons pas à des décisions de positionnement sectoriel ou géographique top-down sur la base du résultat attendu d’un événement.

Sur la base de notre analyse fondamentale, nous pensons que les conditions ont commencé à devenir plus favorables pour les actions européennes, en particulier les actions sous-évaluées et les sociétés évoluant dans des industries cycliques. En comparant le S&P 500 à l’indice MSCI Europe, les actions européennes sont considérablement moins chères que les actions américaines selon plusieurs mesures, notamment les ratios cours/valeur comptable et cours/flux de trésorerie ; à notre avis, la récente surperformance des actions américaines par rapport aux actions européennes a rendu les valorisations encore plus attractives.[1]1pb

Une croissance économique plus robuste en Europe et le tournant positif de l’inflation sont autant de bonnes nouvelles pour les marges bénéficiaires et devraient, à notre avis, permettre aux sociétés de gagner à nouveau une certaine puissance de cotation. Par le passé, à des étapes similaires du cycle économique, nous avons noté que les sociétés évoluant dans des secteurs économiquement sensibles, tels que l’automobile, le BTP et l’industrie, s’en sont bien sorties en général, et elles sont valorisées de manière attractive par rapport à leurs moyennes historiques. D’un autre côté, notre analyse des sociétés se basant sur une série de facteurs, tels que les ratios cours/bénéfices (C/B) et cours/valeur comptable ainsi que le rendement du dividende, indique que les secteurs du marché actions considérés comme défensifs ou à volatilité réduite (par exemple, les biens de consommation de base) s’échangent à des niveaux historiquement hauts.

Toute hausse des taux d’intérêt et pentification de la courbe des taux sont probablement aussi positives pour les financières sauf pour les actions « substituts obligataires », telles que les biens de consommation de base et les services publics. Au sein du secteur financier, nous avons trouvé davantage d’opportunités potentiellement attrayantes dans le secteur des assurances de la région, que nous considérons comme étant dans une forme financière relativement meilleure et qui évolue dans un environnement réglementaire plus stable que les banques.

De plus, plusieurs compagnies d’assurance sont en train de restructurer leur activité, notamment la monétisation des actifs non stratégiques, afin d’améliorer leur performance opérationnelle.

Nous estimons que les banques européennes sont généralement encore confrontées à des problèmes de qualité des actifs (prêts non productifs) et de niveaux de capitaux insuffisants. En outre, la politique de taux d’intérêt négatifs de la Banque centrale européenne (BCE) a eu un impact défavorable sur les marges nettes d’intérêts et la rentabilité des banques. Toutefois, toutes les banques de la région ne manquent pas d’attractivité pour nous et nous continuons à voir des opportunités au niveau des banques françaises et britanniques qui offrent des bilans relativement solides, sont peu endettées suite à un redémarrage de la croissance des crédits, et sont exposées à d’autres régions du monde que l’Europe, notamment les États-Unis et l’Asie.

Pour ne nous concentrer que sur le Royaume-Uni, nous pensons que les conditions actuelles favorisent les grandes sociétés multinationales britanniques qui génèrent la plus grande partie de leurs revenus à l’étranger ou qui déclarent leurs résultats dans des devises étrangères (par exemple, les multinationales pétrolières/gazières intégrées). Les entreprises britanniques orientées sur l’activité nationale auront de plus fortes chances de rencontrer des conditions difficiles en raison de l’affaiblissement de la livre sterling et de la demande des consommateurs, potentiellement en recul. En outre, le Brexit est un risque considérable pour les sociétés britanniques du secteur financier en tous genres, étant donné que les dispositions permettant la vente de produits financiers sur l’ensemble du bloc européen pourraient être caduques.2pb

En Europe, nous pensons que de meilleures conditions pour l’économie et les entreprises sont éclipsées par une incertitude politique et financière. Le Brexit, les craintes liées aux élections dans d’autres grands pays de l’UE et l’incertitude concernant les décisions sur la future politique monétaire de la BCE et de la Banque d’Angleterre ont apparemment poussé les investisseurs à adopter une approche attentiste. Nous pensons que la probabilité que le Brexit et les résultats des élections causent un risque existentiel pour l’UE est faible.

Toutefois, nous estimons qu’il est probable que la volatilité refasse surface après une période de calme inattendue fin 2016 et début 2017. Alors que les conditions politiques, économiques et géopolitiques font qu’il est difficile de prédire les fluctuations à court terme ou de planifier des mesures spécifiques à prendre au sein du portefeuille, nous nous concentrons sur la recherche d’opportunités potentielles dans des sociétés présentant des profils rendement/risque intéressants. De notre point de vue, les périodes de volatilité accrue peuvent affecter les actions de façon indiscriminée, nous offrant ainsi d’excellentes fenêtres pour des investissements opportunistes.

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[1] Source : FactSet. L’indice S&P 500 est le pouls des grandes capitalisations américaines, représentant une couverture de 80 % des capitalisations du marché. L’indice MSCI Europe reflète les moyennes et grandes capitalisations de 15 pays développés d’Europe. Les indices ne font l’objet d’aucune gestion et il n’est pas possible d’y investir directement. Ils ne tiennent pas compte des honoraires, des dépenses et des frais de vente. Pour une entreprise, le ratio cours/valeur comptable est le rapport entre le cours de bourse actuel divisé par la valeur comptable (ou valeur nette) par action. Pour un indice, le ratio cours/valeur comptable est la moyenne pondérée des ratios cours/valeur comptable des entreprises composant l’indice.

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