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Comment les sociétés d’infrastructures peuvent-elles reconstruire le monde ?

Wilson Magee, directeur des titres internationaux dans les secteurs de l’immobilier et des infrastructures, Franklin Real Asset Advisors, fait part de son point de vue en ce qui concerne les projets d’infrastructure sur les marchés émergents. Il plaide également en faveur des sociétés d’infrastructures cotées en bourse qui apportent le capital et les compétences nécessaires pour moderniser les infrastructures vieillissantes aux États-Unis.

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Le besoin en développement d’infrastructures est assurément un phénomène mondial. De nombreux pays émergents doivent développer de nouvelles infrastructures afin de répondre aux besoins de leurs populations, économies et villes en pleine expansion. En outre, de nombreux pays développés, dont les États-Unis, ont besoin de réparer, moderniser ou remplacer intégralement leurs infrastructures vieillissantes.

 Les marchés émergents exigent une part de ressources mondiales de plus en plus grande, et cette tendance devrait se poursuivre. Les principales économies en développement, la Chine et l’Inde, présentent toutes deux des plans d’infrastructure ambitieux.

 La Chine a déjà mis en place des politiques liées aux infrastructures que nous considérons comme très favorables. L’initiative du président chinois Xi Jinping dénommée « One Belt, One Road » pourrait permettre de construire et d’améliorer les infrastructures de transports en vue de reproduire l’ancienne voie commerciale de la Route de la Soie.

En Inde, le ministère des transports routiers et des autoroutes aurait pour ambition d’étendre son réseau autoroutier de 30 000 à 50 000 kilomètres au cours des deux prochaines années.[1] Cette expansion programmée représente à peu près quatre fois la distance qui sépare New York de San Francisco. Une fois achevé, le réseau autoroutier national indien s’étendra sur environ 50 000 kilomètres.[2]

Au Mexique, les perspectives de croissance à long terme pour le système aéroportuaire national nous semblent réjouissantes. D’après notre analyse des données gouvernementales, la moyenne annuelle de voyages aériens de passagers par personne est de 0,4, contre environ 2,4 aux États-Unis.[3] Cela montre bien l’énorme potentiel de croissance du Mexique, dont le trafic de passagers sur ses compagnies aériennes et dans ses aéroports ne cesse d’augmenter.

Le rôle du secteur privé dans le développement des infrastructures américaines

L’amélioration de l’état déplorable des infrastructures vétustes du pays semble faire l’objet d’un soutien bipartite au Congrès américain. Cela a été l’un des principaux sujets de discussion lors des élections présidentielles américaines de 2016. La même année, l’American Society of Civil Engineers a attribué une note globale de « D+ » aux infrastructures américaines.

En février de cette année, le président américain Donald Trump a dévoilé un plan de 1 500 milliards USD pour reconstruire des routes, des ponts, des aéroports et des installations de traitement des eaux usées. Ce plan prévoit des dépenses fédérales de 200 milliards USD au cours des dix prochaines années, les 1 300 milliards USD restants devant être financés par les gouvernements des États et les administrations locales, ainsi que par le secteur privé.

Cependant, la question de savoir qui devra assumer les frais des principales améliorations d’infrastructure proposées suscite la controverse. De nombreux démocrates affirment que le plan de Trump met trop de pression sur les budgets des gouvernements des États et des administrations locales, et exigent des dépenses fédérales à hauteur de 1 000 milliards USD. Pourtant, les partisans de la réduction du déficit ne voient pas d’un bon œil l’éventuelle hausse de la dépense fédérale à la suite de la récente adoption de la réforme fiscale et du budget pour 2019.

Compte tenu de ces restrictions budgétaires à différents niveaux, local , des États et fédéral, le secteur privé est susceptible de jouer un rôle essentiel dans le plan d’infrastructure de Trump. Nous sommes d’avis que les sociétés d’infrastructures cotées en bourse, telles que les exploitants d’aéroport, d’autoroutes à péage et de stations de traitement des eaux usées, devraient contribuer aussi bien en matière de capital que de compétences opérationnelles.

Cela dit, nous ne nous attendons pas à ce qu’un projet de loi sur les infrastructures soit voté au Congrès américain à court terme, étant donné que c’est la réforme sur l’immigration qui semble être à l’ordre du jour à la Chambre et au Sénat.

Indépendamment de l’adoptation ou non d’un projet de loi américain sur les infrastructures, les dépenses d’infrastructure se poursuivent. Par exemple, les fournisseurs d’électricité ont continué d’investir dans des initiatives de croissance favorisant la transition vers des formes d’énergie plus propres, telles que le gaz naturel et les énergies renouvelables. Nous pensons que l’usage croissant des énergies renouvelables aidera à renforcer l’investissement dans des réseaux de transport d’électricité aux États-Unis et dans le monde entier.

 Investir pour l’avenir

D’après nous, le financement des projets d’infrastructure un peu partout dans le monde nécessitera probablement un financement privé de plus en plus important. Les sociétés d’infrastructures semblent fournir ce financement, ainsi que les services nécessaires au fonctionnement, à la prospérité et à la croissance des économies.

En particulier, les perspectives de croissance pour les exploitants d’autoroutes à péage mondiaux, d’infrastructures d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) et de services des eaux aux États-Unis nous paraissent réjouissantes. Notre équipe se concentre sur le niveau de changement des tendances prévues dans ces secteurs pour dépasser le cadre de la performance actuelle et comprendre, dans les grandes lignes, où se trouvent les opportunités et défis.

Dans le secteur des transports, une société australienne leader des technologies de péage opérant également aux États-Unis semble à même de bénéficier d’un projet de loi sur les infrastructures aux États-Unis. Un autre exemple est celui d’une société française de concessions et de construction qui exploite des autoroutes à péage et des aéroports dans le monde entier. Les autoroutes à péage de cette société en France bénéficient actuellement d’une hausse positive et accélérée du produit intérieur brut du pays.

Dans le secteur de l’énergie, les sociétés qui construisent et exploitent des gazoducs et des installations d’exportation de gaz naturel liquéfié aux États-Unis sont susceptibles de bénéficier de la rationalisation des permis fédéraux. Citons l’exemple d’une société d’énergie basée aux États-Unis qui développe et exploite la première installation d’exportation de GNL du pays, et dont la capacité ne cesse de croître.

Dans les services aux collectivités, nous pensons qu’une société de services publics américaine qui opère aux États-Unis et au Canada est bien positionnée pour améliorer les systèmes d’approvisionnement en eau. Nous sommes d’avis que la crise de l’eau observée à Flint, dans le Michigan, accentue le besoin d’investir dans des systèmes municipaux d’approvisionnement en eau aux États-Unis afin de garantir une exploitation en toute sécurité.

Dans l’ensemble, d’après notre analyse des taux de croissance des revenus et des dividendes, les perspectives pour les sociétés d’infrastructures cotées en bourse semblent solides. Nous estimons que les taux de croissance de ces sociétés sont assez prévisibles. Généralement, celles-ci développent leur activité dans le cadre de contrats à long terme, de modèles de rendement réglementés, ou disposent d’actifs de nature monopolistique.

Les commentaires, opinions et analyses du présent document sont communiqués à titre d’information uniquement ; ils ne sauraient être considérés comme un conseil d’investissement individuel ou comme une recommandation d’investir dans un quelconque titre ou d’adopter une quelconque stratégie d’investissement. Les conditions économiques et de marché étant susceptibles d’évoluer rapidement, les commentaires, opinions et analyses sont valables à leur date de publication et peuvent changer sans préavis. Les présentes ne constituent pas une analyse exhaustive de tous les aspects importants d’un pays, d’une région, d’un marché, d’un secteur, d’un investissement ou d’une stratégie.

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Quels sont les risques ?

 Tout investissement comporte un risque, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut varier à la hausse comme à la baisse, et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant total investi. L’investissement dans les titres du secteur des infrastructures comporte des risques spécifiques, comme des coûts d’intérêt élevés, un endettement important ou la sensibilité accrue à la dégradation des conditions économiques ou au durcissement du cadre réglementaire qui peuvent affecter le secteur. Les investissements à l’étranger comportent des risques spécifiques, comme les variations des taux de change, l’instabilité économique et l’évolution de la situation politique.

[1] Source : « Selon le gouvernement indien, dans 2 ans, l’Inde disposera d’un réseau autoroutier de 50 000 km », Economic Times of India, 27 septembre 2017.

[2] Ibid.

[3] Sources : Ministère des communications et des transports du Mexique ; ministère américain des transports, bureau des statistiques sur les transports.