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Obligations

La Fed relève à nouveau ses taux d’intérêt en juin

La Réserve fédérale américaine a poursuivi sur la voie du resserrement des taux lors de sa réunion de politique monétaire organisée en juin, relevant son taux directeur pour la deuxième fois de l’année et pour la septième fois depuis décembre 2015. Chris Molumphy, Chief Investment Officer du Franklin Templeton Fixed Income Group, nous offre un aperçu de la politique monétaire des États-Unis au lendemain de la réunion.

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Lors de sa réunion de juin sur la politique monétaire, la Réserve fédérale (Fed) a relevé son taux directeur, le taux des Fed Funds, de 25 points de base, ce qui l’a positionné entre 1,75 % et 2,00 %. La Fed a également publié ses prévisions actualisées concernant la politique monétaire et les projections économiques. Le marché semble bien s’accommoder des dernières évolutions et orientations de la Fed.

La Fed prévoit maintenant quatre relèvements des taux d’intérêt cette année. À la réunion du mois de mars, il avait été envisagé de procéder à trois relèvements. Nous n’insisterons pas trop sur cet aspect compte tenu du large consensus entre les responsables de la Fed. Le « graphique à points » de la Fed montre que huit personnes s’attendaient à au moins quatre hausses d’un quart de point des taux au cours de 2018, soit seulement une de plus qu’en mars. Elles étaient donc sept à envisager au maximum trois hausses.

Si les gros titres sont susceptibles de se focaliser sur ce nombre supérieur de hausses des taux, il nous importe finalement assez peu que la Fed relève trois ou quatre fois les taux cette année. Nous attachons plus d’importance au rythme de l’évolution et au taux final, taux que la Fed décidera de ne plus relever, ainsi qu’au temps qu’il faudra pour y parvenir. À nos yeux, le rythme du resserrement reste mesuré et modeste.

La Fed continue d’estimer le taux « neutre », à savoir le taux auquel l’économie est jugée être en équilibre, à 2,9 %.

Le président de la Fed, Jerome Powell, a par ailleurs annoncé qu’une conférence de presse serait organisée après chaque réunion relative à la politique monétaire à partir de l’année prochaine, plutôt qu’après une réunion sur deux comme c’est actuellement le cas. Nous voyons cela comme une flexibilité accrue donnée à la Fed, et pas nécessairement comme un signe indiquant que la banque centrale prendra des mesures plus ou moins offensives.

Les projections économiques reflètent des fondamentaux solides

La Fed, qui actualise ses projections économiques tous les trimestres, a continué de voir les fondamentaux économiques s’améliorer aux États-Unis.

  • La Fed a relevé sa projection de croissance pour 2018 aux États-Unis à 2,8 % par rapport à la précédente de 2,7 %.
  • Les projections de la Fed concernant l’inflation pour 2018 (fondées sur les dépenses de consommation des ménages) sont passées de 1,9 % lors de la réunion de mars à 2,1 %, mais la prévision à plus long terme pour 2020 est restée inchangée, à 2,1 %.
  • Les projections de la Fed concernant le taux de chômage pour 2018 ont enregistré une légère baisse, à 3,6 %, contre les 3,8 % précédents.
  • La Fed a revu ses projections à la hausse en anticipant quatre relèvements des taux d’intérêt en 2018, faisant passer le taux des fonds fédéraux à 2,4 %. La Fed a maintenu ses projections pour 2020, à 3,4 %.

Le cycle économique vieillissant

Cela fait neuf ans que les États-Unis sont entrés dans leur cycle économique actuel, et ils n’ont connu qu’un seul autre cycle ayant duré jusqu’à 10 ans depuis la Seconde guerre mondiale. En dépit de quelques inquiétudes quant à la durée de ce cycle, peu d’économistes prévoient une récession à court terme. Certains prévoient même qu’un ralentissement économique pourrait intervenir dans trois ans, un horizon lointain. Une prolongation de l’expansion économique pendant encore deux ou trois ans serait clairement historique. Par conséquent, il convient certainement de prendre en considération la longévité de notre cycle actuel. Il est possible que le cycle commence à s’inverser avant que la Fed atteigne ce qu’elle considère aujourd’hui comme son taux final.

La fête finira bien entendu par s’achever un jour. Mais pour l’heure, nous pensons que la Fed peut continuer à relever graduellement ses taux. Nous estimons également que les taux d’intérêt à plus long terme seront augmentés progressivement.

La courbe des taux des bons du Trésor s’aplatit, ce qui est également à surveiller. Si elle venait à s’inverser et que les titres de créance à court terme commençaient à générer des taux plus élevés que les titres de créance à long terme, nous pourrions voir enfler les rumeurs quant à l’imminence d’une récession. Nous ne croyons pas à la probabilité d’une inversion de la courbe des taux, au moins prochainement, mais il convient d’observer qu’il existe des forces extérieures au marché qui pourraient contribuer à réduire l’extrémité longue de la courbe, les bons du Trésor à 10 ans.

L’assouplissement quantitatif (QE) est toujours en cours en Europe et au Japon, ce qui n’est pas sans conséquence sur le marché américain et peut avoir pour effet de faire baisser les rendements. Dans le contexte actuel, nous pensons donc que le « pouvoir prédictif » de l’inversion de la courbe des taux n’est peut-être pas le même que ce qu’il a été par le passé.

Si nous devions retenir une chose, ce serait que les fondamentaux sous-jacents de l’économie américaine restent solides. La croissance économique est solide, les chiffres de l’emploi sont bons et l’inflation est faible. Avec des taux d’intérêt toujours raisonnablement bas malgré les relèvements opérés cette année, les bilans au niveau des entreprises comme des consommateurs demeurent robustes. Nous avons observé une hausse de la valeur nette, qui a atteint plus de 100 000 milliards de dollars[1] au premier trimestre. C’est une bonne nouvelle.

La croissance des salaires n’a pas rendu compte des tensions sur le marché du travail, ce qui a créé un certain dilemme que même Powell a reconnu. Nous pensons que cette situation est certainement curieuse, mais qu’elle n’est pas nouvelle et qu’elle ne changera probablement pas subitement, tout aussi déroutante qu’elle soit. Les facteurs qui ont comprimé les salaires semblent susceptibles de perdurer, qu’il s’agisse de la mondialisation, de l’innovation technologique, de la démographie ou d’autre chose.

Nous soulignons également que les marchés ne sont pas lisses, raison pour laquelle il convient d’adopter une vision à plus long terme. Nous pourrions un jour voir les taux bondir en raison d’un événement donné. Il faudrait alors prendre du recul et observer ce qui se passe dans l’économie. Nous continuons de nous efforcer de ne pas nous laisser entraîner par les bruits à court terme.

Lorsqu’on lui a demandé pendant la conférence de presse consécutive à la réunion pourquoi la Fed augmentait ses taux, Powell a déclaré que l’économie américaine était « en pleine forme ». Nous pensons qu’il a ainsi bien résumé les choses.

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[1] Source : Réserve fédérale américaine.