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Le gaz naturel liquéfié américain en plein essor

Les États-Unis développent rapidement leur capacité à exporter du gaz naturel liquéfié (GNL), alors que davantage de pays cherchent à adopter une énergie plus propre. Matt Adams, Franklin Equity Group, nous apporte son point de vue concernant le GNL américain et les conséquences potentielles d’un tel investissement.

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Bien qu’à base de carbone et non répertorié comme une véritable source d’énergie propre, le gaz naturel a longtemps été qualifié comme le carburant de transition vers un futur énergétique plus propre alors que le monde cherche à s’affranchir du charbon et du pétrole, hautement polluants.

Il paraît probable, selon nous, que cette transition se poursuive jusqu’à la prochaine décennie, un plus grand nombre de pays optant pour le gaz naturel dans une tentative de remplacement du charbon, principale source de production d’électricité. Par ailleurs, l’augmentation des réserves en GNL à long terme semble s’émousser après des années de sous-investissement et les maigres sanctions récentes relatives à ce projet.

En 2016, le gaz naturel représentait 22 % de l’énergie mondiale et son exploitation ne cesse de croître.[1] Comme l’indique le graphique ci-après, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que le gaz naturel représentera 25 % de la panoplie énergétique mondiale en 2040.

Pourquoi la demande en GNL augmente

Dans bon nombre de régions du monde, la construction d’infrastructures pipelinières pour le transport du gaz naturel n’est pas aisée. Dans un grand nombre de pays en dehors de l’Amérique du Nord, la production nationale de gaz naturel est en difficulté ou sur le déclin. C’est pourquoi nous tablons sur un accroissement de la demande en importations de GNL, alors que certains pays poursuivent des politiques davantage axées sur le gaz naturel. Le processus de liquéfaction du gaz naturel refroidit, condense et transforme le gaz en matière première pouvant être transportée dans le monde entier dans des navires-citernes à compression spécialisée.

Nous avons déjà observé une hausse du nombre de pays important du GNL, passant de 35 en 2015 à 40 l’année passée.[2] De surcroît, les importations mondiales ont progressé de 9,9 % en 2017, soit le taux de croissance annuel le plus important depuis 2010.[3]

Depuis lors, l’offre en GNL provenant de nouvelles augmentations des réserves s’est ralentie et pourrait créer un déficit d’approvisionnement au cours de la prochaine décennie si la demande en GNL continue sur la voie de son essor actuel. Dans la mesure où les projets de GNL nécessitent un délai de cinq ans pour se développer, le GNL mondial pourrait évoluer dans un marché plus restreint à plus long terme avant qu’une hausse des cours n’encourage davantage l’investissement dans de nouveaux approvisionnements. 

Les perspectives du GNL américain

Outre-Atlantique, les exportateurs de GNL tirent parti de l’essor rapide de la demande et de la rationalisation des licences fédérales pour les usines de production de GNL, les infrastructures d’exportation et les navires-citernes de GNL. En juin 2018, bon nombre de sociétés ont annoncé qu’elles finalisaient leurs décisions d’investissement pour construire les installations de GNL américaines prévues.[4]

La construction d’une série d’usines américaines de GNL le long de la côte du Golfe du Mexique est en cours. La première, située au col Sabine (Sabine Pass) en Louisiane, a commencé le transport de GNL en 2016 et le terminal de Cove Point dans le Maryland est en activité depuis cette année, tandis que d’autres devraient être achevés en 2020.[5]

Les tensions commerciales affecteront-elles les exportations américaines de GNL ?

En 2017, la Chine a été la troisième plus grande destination pour les exportations de GNL américain, derrière le Mexique et la Corée du Sud.[6] La demande chinoise de GNL devrait continuer à croître rapidement, le gouvernement chinois s’efforçant de limiter la pollution de l’eau et de l’air due à la combustion du charbon. Le charbon, qui représente environ un tiers des émissions mondiales de dioxyde de carbone, est actuellement prépondérant dans la consommation énergétique totale de la Chine (environ 70 %) et la production d’électricité (environ 80 %).[7]

Néanmoins, l’exacerbation du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine jette une ombre sur ces projets, du moins à court terme. En août, la Chine a menacé d’imposer des droits de douane à hauteur de 25 % sur le GNL américain qui, s’il était imposé, pourrait rendre le GNL américain plus cher pour les acheteurs chinois.[8] Mais, compte tenu de l’absence de sources d’approvisionnement à court terme, ne faisant pas encore l’objet d’un contrat, les États-Unis demeurent un fournisseur probable de GNL pour la Chine, même avec l’imposition de droits de douane, du fait de l’écart significatif entre les cours américain et chinois.

Pour l’heure, les exportations de GNL américain représentent une part infime de la demande américaine en gaz naturel, mais l’impact sur les producteurs américains de gaz naturel est minime. Bien que le conflit douanier devrait se poursuivre, il pourrait éventuellement diminuer les opportunités d’exportation à long terme pour les producteurs américains. Cela dit, il semble y avoir des opportunités croissantes en Europe pour le GNL américain, le pays se débattant pour équilibrer ses besoins avec une dépendance excessive à l’égard des approvisionnements en gaz naturel russe.

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Quels sont les risques ?

Tout investissement comporte un risque, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Les prix des actions fluctuent, parfois rapidement et de façon spectaculaire, en raison de facteurs affectant des entreprises individuelles, des industries ou des secteurs particuliers ou du fait des conditions générales du marché. L’investissement dans les ressources naturelles comporte des risques spécifiques, comme une sensibilité accrue à la dégradation des conditions économiques et aux changements règlementaires qui affectent le secteur. Les cours des titres de croissance peuvent chuter massivement si la société échoue à s’en tenir aux estimations de bénéfices ou de revenus ; leurs cours peuvent être plus volatils que ceux d’autres titres, en particulier à court terme. Les sociétés de petite taille peuvent être particulièrement vulnérables aux évolutions des conditions économiques et leurs perspectives de croissance sont moins certaines que pour leurs grandes homologues mieux établies. De plus, leur titre peut être volatil, en particulier à court terme. Les investissements à l’étranger comportent des risques spécifiques, comme les variations des taux de change, l’instabilité économique et l’évolution de la situation politique.

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[1] Source : AIE, Market Report Series : Gaz 2018.

[2] Source : International Group of Liquefied Natural Gas Importers, « The LNG industry, GIIGNL Annual Report 2018. »

[3] Ibid.

[4] Source : Financial Times, « US prepares for next wave of LNG exportations », 20 juin 2018.

[5] Ibid.

[6] Source : Agence américaine d’information sur l’énergie (AIE), « China is a key destination for increasing U.S. energy costs », 10 juillet 2018.

[7] Source : AIE, « Chinese coal-fired electricity generation expected to flatten as mix shifts to renewables », 27 septembre 2017.

[8] Source : Bloomberg, « Trump Push for Energy Dominant U.S. Blunted by China LNG Threat », 3 août 2018.