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La Réserve fédérale américaine : À vous de voir

La Réserve fédérale américaine a baissé son taux d’intérêt directeur à court-terme pour la première fois depuis 11 ans, dans ce que le président Jerome Powell a appelé un « ajustement de milieu de cycle » pour soutenir l’expansion économique des États-Unis. D’après Sonal Desai, Chief Investment Officer de Franklin Templeton Fixed Income, il semble avoir été difficile pour M. Powell de prendre cette décision tout en admettant que l’économie américaine est solide. Elle donne son avis sur la réunion de politique monétaire de juillet et sur les implications potentielles sur le marché.

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Lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) du 31 juillet, le président du Conseil des gouverneurs Jerome Powell semblait assez gêné, ce qui n’est pas surprenant compte tenu de la situation dans laquelle la Fed s’est enfermée.

Il a eu du mal à justifier la baisse des taux d’intérêt de 25 points de base tout juste annoncée, et il lui a été encore plus dur d’expliquer ce qui déterminera les orientations à l’avenir.

M.Powell a commencé son allocution en indiquant que l’objectif de la baisse des taux est (i) de se prémunir des risques découlant des tensions commerciales et des perspectives de croissance mondiale ; (ii) de dynamiser l’inflation ; (iii) de favoriser encore le marché de l’emploi, car les personnes aux revenus les plus modestes profitent maintenant de hausses des salaires et d’un plus grand nombre d’opportunités professionnelles (« ils n’ont jamais connu de meilleur marché de l’emploi, de mémoire d’homme », a-t-il indiqué par la suite).

Mais il a aussi admis que l’économie américaine est solide (« plus proche de nos objectifs que nous ne l’avons jamais été ») et les perspectives sont positives.

M.Powell s’est évertué à concilier ce bilan économique favorable avec la baisse des taux.

Il a soutenu que l’économie était forte en partie grâce à la politique accommodante adoptée par la Fed depuis décembre dernier, facilitant les conditions financières et favorisant la confiance. C’est un argument intelligent, mais ça s’arrête là.

J’ai trouvé que son évaluation du risque de tensions commerciales n’était pas pertinente. M. Powell sait que les tensions commerciales durent depuis plus de deux ans, et pourtant, comme il l’a indiqué, l’économie américaine était aussi forte au premier semestre de cette année qu’elle l’était en 2018, qui avait été la meilleure année depuis longtemps.

Un journaliste l’a très bien exprimé, en demandant si la Fed se référait seulement aux gros titres dans les médias concernant les tensions commerciales, plutôt que d’étudier les données économiques. M. Powell, sur la défensive, a répondu quelque chose comme : « le commerce est différent », et a rebondi tantôt en avançant le fait que l’incertitude commerciale a certainement déjà impacté l’investissement, tantôt en disant qu’il est difficile d’en voir l’incidence dans les statistiques, mais que les contacts de la Fed dans les entreprises ont fait part de leur préoccupation. Les guerres commerciales, c’est le chien qui n’a pas aboyé…mais la Fed a quand même peur.

J’étais un peu énervée de voir Powell rejeter d’un revers de la main les préoccupations concernant la stabilité financière. Il a soutenu que le système financier est bien capitalisé et résilient, avec peu d’effet de levier et que la santé financière des ménages est saine. Certes, il a concédé que certaines valorisations d’actifs sont élevées, ainsi que la dette des entreprises, mais il ne voit là rien d’inquiétant. Je suis surprise par l’optimisme de la Fed, compte tenu des leçons tirées de la grande crise financière il y a dix ans, et du fait que les conditions financières sont très accommodantes et les valorisations à des niveaux record, tant pour les actions que pour les obligations.

À quoi devons-nous nous attendre de la part de la Fed à l’avenir ?

M.Powell a indiqué que (i) la baisse des taux d’aujourd’hui n’est pas forcément une baisse isolée ; (ii) mais ce n’est probablement pas non plus le début d’un long cycle d’assouplissement monétaire ; (iii) et que la Fed pourrait remonter les taux au cours de ce cycle ; (iv) mais que cela n’est pas très probable.  En résumé, c’est à vous de voir.

Il a indiqué que la Fed voulait « adopter une posture un peu plus accommodante sur la durée », dans ce qu’elle considère comme un ajustement de milieu de cycle, ce qui semble suggérer qu’il y aura une ou deux autre(s) baisse(s).

Peut-être.

Parce que M. Powell a dit que la Fed est tributaire des données, et que celles-ci sont bonnes. Mais lorsqu’on lui demande d’expliquer les surprises survenues avec les données positives le mois dernier, il répond qu’il y a toujours des risques…

Ne nous étonnons pas que les marchés soient déconcertés. Pour l’instant, ce manque de directive a aidé à modérer les attentes des investisseurs pour un cycle d’assouplissement monétaire prolongé, et je pense que c’est une bonne chose.

De mon point de vue, il faut rappeler que s’il s’agit de « se prémunir des risques », les marchés doivent reconnaître que cette baisse puisse être inversée bien avant le prochain cycle. C’est à vous de voir, après tout.

 

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