Beyond Bulls & Bears

Orientation de la Fed : Tout n’est qu’une question d’emploi

Cet article est également disponible en: Anglais Italien

L’adage « don’t fight the Fed » (n’allez pas à l’encontre de la Fed) reflète l’influence de la banque centrale américaine sur les marchés. Pour preuve, lorsque mi-mai le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Ben Bernanke a mentionné l’arrivée à échéance de son programme massif et prolongé de rachat d’actifs, de nombreux marchés mondiaux sont tombés en chute libre. Par la suite, les dirigeants de la Fed ont tenté d’apaiser les craintes d’un arrêt trop brutal et prématuré des injections de liquidités, notamment lors de la dernière intervention devant le Congrès, le 17 juillet. Christopher Molumphy, CFA, directeur des investissements du groupe Franklin Templeton Fixed Income©, partage son point de vue sur les récentes fluctuations du marché obligataire.

Selon lui, l’accroissement de la volatilité ces deux derniers mois ne semble pas être lié aux fondamentaux économiques américains, mais met en jeu un facteur court terme plus technique. 

« En termes de croissance économique, d’inflation et de marché du travail, les tendances de l’année dernière sont globalement toujours en place. Dans l’ensemble, nous pensons que les fondamentaux restent pratiquement inchangés, c’est-à-dire une croissance modeste et inférieure à la tendance à 2 %, une inflation toujours modérée et un marché du travail en très légère amélioration. 

Christopher Molumphy

Nous étudions en profondeur le marché du travail et les tendances de l’emploi, car c’est un moteur important de l’économie et de la politique de la Fed. Depuis maintenant près d’un an, les États-Unis ont créé environ 200 000 emplois par mois. Cela étant dit, même si le taux de chômage est progressivement passé de 8,2 % en juillet 2012 à 7,6 % en juin dernier, il est intéressant de noter qu’au cours des deux derniers mois, davantage de personnes ont été à nouveau comptabilisées dans la population active. Le taux d’activité commence enfin à remonter. Même si l’accroissement de la population active est un facteur positif, le taux de chômage pourrait mettre davantage de temps à baisser. » 

Pourquoi ce point est-il essentiel ? Lors de son discours devant le Congrès le 17 juillet, Ben Bernanke a de nouveau souligné l’importance de la bonne santé du marché du travail dans son processus décisionnel, en soulignant qu’actuellement « la situation de l’emploi est loin d’être satisfaisante car le taux de chômage est toujours nettement supérieur à son niveau normal à long terme, et les taux de sous-emploi et de chômage à long terme restent trop élevés ». 

Il a également affirmé que « si les perspectives de l’emploi se détérioraient, si l’inflation ne semblait pas retomber à environ 2 % ou si les conditions financières (qui se sont récemment durcies) n’étaient pas jugées suffisamment favorables pour permettre [à la Fed] d’atteindre [ses] objectifs, le rythme actuel des rachats d’actifs pourrait être maintenu plus longtemps ». 

Pour résumer, le durcissement de la politique de la Fed n’est pas pour tout de suite, ni même peut-être pour dans plus longtemps. Christopher Molumphy explique pourquoi, selon lui, la Fed n’interviendra pas soudainement. 

« Comme l’a précisé la Fed, elle se base sur le taux de chômage pour toute initiative à venir, notamment, le moment venu, pour relever le taux des fonds fédéraux, aujourd’hui à 0 %. Auparavant, Ben Bernanke a déclaré que le chômage doit baisser à 6,5 % avant qu’une telle hausse puisse être envisagée. C’est un facteur à garder à l’esprit. Il se peut qu’il faille attendre très longtemps avant qu’il ne tombe à 6,5 %, ce que les investisseurs semblent ne pas prendre en compte. »   

[perfect_quotes id= »1754″]

Se penchant sur les programmes de QE précédents, Christopher Molumphy souligne que leur durée de vie était généralement d’un an et qu’ils n’étaient pas conçus pour exister éternellement. En conséquence, la fin du dernier (et troisième) programme d’assouplissement quantitatif de la Fed, connu sous le nom de « QE3 », n’aurait pas dû être une telle surprise pour les marchés. Christopher a son idée sur le moment où les autorités pourraient passer à l’acte. 

« Après avoir annoncé le dernier programme en septembre 2012, la Fed pourrait réduire le rythme de ses achats d’ici la fin de l’année. Sauf imprévu, nous pensons qu’elle mettra définitivement un terme aux achats d’actifs en milieu d’année prochaine. Si ce scénario se confirme, ce serait alors un programme QE normal, même si un peu plus long qu’à l’habitude. De fait, rien ne nous semble incohérent avec les indications données au sujet du QE. » 

À terme, Christopher Molumphy estime que les initiatives de la Fed continueront à dépendre de l’orientation des statistiques. 

« Nous pouvons tenter de conjecturer sur l’opinion de la Fed, mais en fin de compte elle est influencée par l’inflation et le marché du travail. Puisque l’inflation semble maîtrisée, le facteur dominant est vraiment le marché du travail. Par conséquent, si vous voulez savoir quelles seront les mesures prises par la Fed, observez ce marché : combien d’emplois sont créés chaque mois et, plus important encore, le taux de chômage.  

Lors de leur dernière réunion (en juin), 15 des 19 gouverneurs de la Fed ont jugé que la Banque ne commencerait pas à relever ses taux avant courant 2015. Le taux des fonds fédéraux étant actuellement nul, il est difficile d’imaginer que celui des bons du Trésor à long terme augmente nettement plus. Selon nous, une nouvelle hausse importante des bons du Trésor à 10 ans est fort peu probable au cours des prochains trimestres. » 

En d’autres termes, les investisseurs ne devraient peut-être pas paniquer trop vite.

Recevez directement toutes les perspectives de Franklin Templeton Investments. Abonnez-vous au blog Beyond Bulls & Bears.

Pour recevoir des informations abrégées sur l’investissement, suivez-nous sur Twitter @FTI_France

Quels sont les risques ?

Tout investissement comporte un risque, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Les cours des obligations évoluent généralement à l’inverse des taux d’intérêt. Lorsque les taux d’intérêt augmentent, le prix des obligations diminuent et inversement. 

CFA et Chartered Financial Analyst® sont des marques déposées appartenant au CFA Institute.