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Actions européennes: encore une stratégie contrariante?

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D’après Michael Clements, vice-président et gérant de portefeuille au sein de Franklin Equity Group®, l’investissement sur les marchés actions européens ne sera bientôt plus considéré comme une stratégie à contre-courant. Cela peut paraître surprenant pour les investisseurs qui pensent que l’Europe et ses entreprises sont toujours durement affectées par la crise. Cependant, le fait est que de nombreuses sociétés en Europe ont prospéré en dépit de la récession, notamment grâce à leur exposition aux marchés émergents en forte croissance. De plus, selon Michael Clements, ces entreprises affichent des valorisations attractives à l’échelle mondiale et sont bien positionnées pour tirer parti d’une hausse éventuelle des marchés l’année prochaine. Pour en savoir plus sur ses perspectives pour l’Europe (et les actions européennes) pour l’année à venir 

Michael Clements

Vice-président et gérant de portefeuille

Franklin Equity Group®

 

Les perspectives de l’Europe pour l’année à venir nous semblent positives. À court terme, nous anticipons une persistance de la volatilité, mais nous pensons que l’Europe est en voie de

Michael Clements
Michael Clements

redressement. Dans l’ensemble, nous pensons que les fondamentaux devraient favoriser la trajectoire haussière des marchés actions européens, même si tous les secteurs n’auront pas la préférence des investisseurs. Les périodes de baisse des cours pourraient être des opportunités d’achat potentielles, notamment là où nous aurons repéré des potentiels de valorisation importants sur le long terme. Dans cet esprit, notre équipe considère aujourd’hui l’investissement dans les sociétés des services pétroliers et celles liées aux mines comme des opportunités potentielles intéressantes.

Nous pensons qu’un certain nombre de facteurs viennent soutenir les perspectives positives des actions européennes. La situation macroéconomique s’est stabilisée et semble être en voie d’amélioration. Nous pensons que la plupart des économies européennes ont au moins passé le creux de la vague et certaines se comportent même plutôt bien, notamment le Royaume-Uni. Au troisième trimestre, la croissance du PIB du Royaume-Uni a atteint son rythme le plus soutenu depuis 2010 à 0,8 %.[1]  En conséquence, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a révisé ses prévisions de croissance pour le pays à la hausse ; celles-ci s’établissent en effet à 1,4 % pour 2013 et 2,4 % pour 2014. [2]

 

Les réformes structurelles difficiles mises en œuvre en Europe au cours des trois à quatre dernières années commencent à porter leurs fruits. Les progrès réalisés se reflètent dans certains indicateurs, comme ceux mesurant la confiance des ménages ou la productivité du travail. Les coûts de la main d’œuvre s’inscrivent en baisse dans certains pays européens et ont atteint des niveaux permettant de restaurer la compétitivité du continent européen par rapport au reste du monde. Par exemple, le déficit commercial espagnol s’est résorbé et le pays affiche désormais un excédent, un exemple que devrait suivre toutes les économies en difficulté sur le long terme.

 

Valorisations et valeur intrinsèque

Les actions européennes ont globalement progressé cette année ; toutefois, au regard des niveaux historiques, les valorisations de marché restent à nos yeux très attractives. Comparées aux autres classes d’actifs (comme les obligations) ou à leurs homologues américaines ou asiatiques, les valeurs européennes affichent une décote. Celle-ci est en partie justifiée par les problèmes auxquels l’Europe est toujours confrontée, notamment au niveau structurel avec l’absence relative de mobilité de la main d’œuvre, les pratiques restrictives en matière d’emploi et la faible productivité. Toutefois, les autres régions ont aussi leurs propres problèmes. Nous pensons que les actions européennes sont intéressantes car elles présentent un bon potentiel de hausse à long terme et affichent des valorisations attractives. L’attractivité de l’Europe est aussi renforcée par le fait que les sociétés de la région sont exposées aux marchés en croissance dans le monde. De nombreux investisseurs sont attirés par les marchés émergents car, en règle générale, leurs taux de croissance sont plus élevés que ceux des pays développés et ils présentent un meilleur potentiel de progression à l’avenir. Toutefois, certains investisseurs pourraient ne pas se rendre compte que de nombreuses sociétés du Vieux continent peuvent tirer parti de la croissance des marchés émergents du fait de leur statut de multinationale. Bien que leur siège social se situe en Europe, certaines entreprises réalisent une part importante de leur chiffre d’affaires et de leurs bénéfices grâce à la croissance élevée des économies émergentes.

Investir dans ces sociétés représente un moyen peu couteux d’accéder aux régions en plus forte croissance dans le monde car certaines actions européennes, qui affichent actuellement une décote importante, sont plus avantageuses en termes de coût que leurs homologues des marchés émergents.

Pour toutes ces raisons, nous pensons qu’en 2014, investir dans les actions européennes ne sera globalement plus considéré comme une stratégie contrariante. Le principal tournant a été selon nous la déclaration en juillet 2012 du président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, qui a promis de « tout faire pour préserver l’euro ». Depuis, nous avons observé une augmentation des flux vers les actions européennes et pensons que de plus en plus d’investisseurs vont se rendre compte du potentiel de l’Europe au cours de l’année à venir.

Gestion de conviction

S’agissant des actions européennes, notre équipe de gestion utilise une approche d’investissement bottom-up non contrainte par les indices de référence et basée sur nos propres convictions. Notre gestion de conviction se fonde sur une analyse détaillée et en profondeur des entreprises individuelles, c’est-à-dire une sélection des valeurs bottom-up basée sur l’analyse fondamentale avec un horizon d’investissement de cinq ans. En pratique, cela signifie que nous naviguons souvent à contre-courant, car nous avons choisi d’investir en Europe alors que le reste des investisseurs se montrait plus réticent. Nous cherchons à identifier des idées d’investissement ou des sociétés qui présentent un solide potentiel de croissance, mais dont certains investisseurs préfèrent se détourner à court terme.

La gestion de conviction consiste à créer de la valeur pour les clients en faisant des choix forts basés sur une recherche fondamentale efficace qui se démarque du consensus. Cela nous permet, pour autant que notre recherche soit correcte, de créer de la valeur pour nos clients.

Au cours du dernier trimestre 2012, nous avons par exemple initié une position sur une société de médias en Espagne, qui constitue une exposition au marché de la consommation intérieure. À ce moment-là, l’économie espagnole se trouvait dans une mauvaise passe et, en raison d’un taux de chômage élevé et croissant, le consommateur a vu ses dépenses discrétionnaires diminuer.

En conséquence, les sociétés dépendantes de la santé de l’économie intérieure espagnole comme les distributeurs nationaux ou, en ce qui nous concerne, une société de médias, ont souffert de cette situation. Néanmoins, nous avons identifié une entreprise de qualité répondant à nos critères, dotée d’un bilan solide et leader de son secteur. De plus, les investisseurs s’étant détournés de ce secteur et du pays en général, la valorisation de la société nous a également semblé très attractive.

Avant de prendre la décision d’investir ou non, nous analysons toujours quels facteurs ont été déjà intégrés par le marché et ce qui pourrait advenir sur le long terme. Dans l’exemple de la société espagnole, nous avons constaté qu’au vu du prix payé, le marché ne semblait pas prévoir une quelconque amélioration future. Lorsque nous identifions une entreprise que nous jugeons assez résistante pour faire face aux conditions économiques difficiles, qui affiche une bonne rentabilité et est capable de générer des flux de trésorerie, le fait qu’elle soit sanctionnée par les investisseurs nous indique qu’il s’agit d’un bon investissement.

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Quels sont les risques ?

Tout investissement comporte des risques, notamment celui de ne pas récupérer l’intégralité du capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Les cours des actions sont soumis à des fluctuations, parfois rapides et importantes, en raison de facteurs affectant les entreprises individuelles et certains secteurs ou sous-secteurs, ou du fait des conditions générales de marché. Les investissements à l’étranger comportent des risques spécifiques, comme les variations des taux de change, l’instabilité économique et l’évolution de la situation politique. Les investissements sur les marchés en développement présentent d’ailleurs des risques accrus par rapport aux mêmes facteurs, en plus de ceux associés à leur taille inférieure et à leur liquidité plus limitée. L’incertitude politique actuelle autour de l’Union européenne (UE) et de ses pays membres peut accroître la volatilité boursière. L’instabilité financière affectant certains pays de l’UE, comme la Grèce, l’Italie et l’Espagne, ainsi que le risque de propagation à d’autres pays plus stables, peuvent accroître le risque économique lié à l’investissement dans des sociétés en Europe. 

 


[1] Source : Institut national de la statistique sous licence Open Government License v.1.0

[2] Source : Organisation de coopération et de développement économiques, « Perspectives économiques de l’OCDE », novembre 2013, p. 120. Copyright © OCDE.