Beyond Bulls & Bears

Emergence d’un marché pour les adeptes de la sélection de titres en 2014

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Les ventes massives peuvent être soudaines et effrayantes, notamment lorsqu’elles semblent surgir de nulle part. C’est ce qui s’est passé avec l’épisode de volatilité qu’ont traversé les marchés actions mondiaux en raison de la dévaluation inattendue de la devise argentine, ainsi qu’avec les inquiétudes des investisseurs de long terme concernant la croissance en Chine et l’impact du durcissement de la politique monétaire aux Etats-Unis.Cindy Sweeting, Directrice de la gestion au sein du groupe Templeton Global Equity, surveille de près ces phénomènes et d’autres événements macroéconomiques mondiaux, mais son équipe et elle restent concentrées sur la recherche d’opportunités individuelles, à n’importe quel stade du cycle de marché. Selon elle, il sera essentiel d’adopter une approche d’investissement sélective sur les marchés émergents durant l’année à venir.

Cindy Sweeting

Cindy Sweeting

Directrice de la gestion

Groupe Templeton Global Equity

Il est clair que les marchés émergents ont globalement connu une année 2013 difficile et que cette morosité a persisté en janvier 2014. L’année dernière, les actions émergentes n’avaient jamais autant sous-performé leurs homologues développées depuis la crise financière asiatique en 1998.[1]

Selon nous, les marchés émergents sont confrontés à trois difficultés principales :

  • Premièrement, la réduction progressive ou « tapering » du programme d’achat d’actifs de la Réserve fédérale américaine (Fed), également appelé plan d’assouplissement quantitatif (QE), a fait grimper les coûts de financement et a entraîné quelques sorties de capitaux.
  • Deuxièmement, les investisseurs craignent un ralentissement de la croissance en Chine.
  • Troisièmement, l’expansion rapide du crédit dans plusieurs pays émergents met en péril leur stabilité financière.

Parmi ces difficultés, l’attention des investisseurs s’est principalement focalisée sur les incertitudes entourant la politique de la Fed, mais selon nous, les risques locaux inhérents à chaque marché pourraient jouer un rôle tout aussi important.

Identifier des opportunités attractives sur les marchés émergents

La bonne nouvelle est que pour le moment, ces difficultés n’affectent pas tous les marchés émergents sans distinction. Les pays les plus pénalisés sont les plus dépendants au financement étranger et, parmi ces pays les plus vulnérables, ceux affichant un déficit courant important ont été les plus touchés par les récentes pressions vendeuses.

Ainsi, nous observons des divergences de performances assez importantes. Certaines économies sont en effet plus vulnérables que d’autres. Selon nous, la sous-performance récente des actions émergentes reflète probablement en grande partie la prise de conscience croissante que le ralentissement des grandes économies émergentes (Chine, Brésil et Inde) est autant structurel que cyclique.

Plusieurs marchés émergents nous semblent afficher des valorisations très attractives en ce moment, par rapport à leurs moyennes sur 10 ans. Nous pensons toutefois qu’en valeur absolue, leurs ratios cours/bénéfices (PER) ne sont pas aussi intéressants. Il est important de garder à l’esprit que beaucoup des facteurs positifs de ces dix dernières années, notamment la croissance très soutenue de l’économie et des résultats des entreprises, se sont dissipés, tandis que les facteurs négatifs s’accroissent. Alors que les PER peuvent sembler faibles, les résultats des sociétés sont globalement toujours proches de leurs niveaux record et les prévisions de résultats sont probablement trop élevées, au vu de nos estimations.

Corée du Sud : des avancées importantes à venir

D’après notre analyse, les marchés émergents ne sont pas excessivement sous-évalués, une approche bottom-up est donc essentielle pour bien sélectionner les valeurs. Par exemple , la Corée du Sud est un terreau fertile pour dénicher des opportunités individuelles. La compétitivité de la Corée en matière d’exportations a été affectée par la faiblesse du yen en 2013, mais elle a en contrepartie bénéficié de la concurrence moins acharnée entre les exportations japonaises et coréennes depuis 2008. Nous avons constaté que plusieurs entreprises sud-coréennes font de l’ombre à leurs homologues d’Asie, notamment du Japon. Par exemple, les constructeurs automobiles coréens sont plus sensibles aux fluctuations des devises, mais ils ont fait des progrès et réalisent aujourd’hui une grande part de leur production à l’étranger. De plus, ils ne ciblent pas les mêmes clientèles que leurs homologues japonais. Les exportations coréennes de voitures ont atteint un record mensuel durant le quatrième trimestre 2013, les Etats-Unis et la Chine étant leurs principaux marchés de destination.[2]

La Corée du Sud semble privilégier des mesures économiques structurelles au lieu d’essayer d’affaiblir sa devise pour gagner en compétitivité. Elle a mis en place une déréglementation, a accru le soutien financier aux petites et moyennes entreprises et aux start-ups, envisage de développer le secteur tertiaire afin de rééquilibrer la croissance intérieure et favorise les innovations plutôt que les grands conglomérats.

Jusqu’à présent, l’économie coréenne a bien réagi à la fermeté du won et ses exportateurs ont accru leur efficacité et réduit leurs coûts. Par conséquent, la Corée du Sud est actuellement un marché intéressant pour nous. De manière plus générale, si la faiblesse des marchés émergents s’accentue, nous chercherons des opportunités ailleurs, dans des pays où nous observons un grand nombre d’opportunités potentielles.

Chine : la grande inconnue

La principale incertitude au sein des marchés émergents, ainsi que dans l’économie mondiale, provient de la Chine. Depuis vingt ans, la Chine affiche une croissance économique phénoménale. La hausse des exportations et les investissements massifs du gouvernement ont sorti des millions de personnes de la pauvreté et ont propulsé la Chine au rang de superpuissance économique mondiale. Nous pensons cependant que le vieux modèle de développement chinois est arrivé en bout de course.

En Chine, les petites et moyennes entreprises des secteurs privés les plus dynamiques de l’économie manquent cruellement de liquidités. Les grandes entreprises publiques, de même que les autorités locales, bénéficient en revanche d’un accès facilité au crédit, auquel elles ont souvent recours pour financer des projets redondants avec des faibles taux de rentabilité. Nous estimons que des réformes structurelles sont nécessaires pour maintenir un taux de croissance suffisant, mais il faudra du temps pour voir l’impact de la plupart des mesures proposées par le gouvernement. Selon nous, la croissance chinoise cette année (et les années à venir) dépendra principalement de la détermination des responsables politiques à tenter de sevrer l’économie de sa dépendance au crédit et à l’investissement. Nous pensons que cette transition ne devrait pas s’opérer sans heurt et que le risque d’un net ralentissement de l’économie n’est pas à exclure. Toutefois, ne pas traiter le problème de l’excès de crédit constituerait un scénario potentiellement bien pire à long terme.

Un atterrissage « long » en Chine

Le fait que la Chine ait commencé à instaurer des réformes est évidemment une bonne nouvelle, mais les réformes structurelles ne sont pas simples à mettre en œuvre et il sera très difficile pour le pays de réduire la part de l’investissement dans l’économie. Nous ne devons pas nous attendre à un atterrissage forcé ou en douceur, mais plutôt à un atterrissage long de l’économie chinoise. En résumé, nous pensons que les problèmes de la Chine sont importants mais pas encore paralysants. La bonne nouvelle pour les investisseurs est que les dirigeants chinois semblent avoir conscience qu’un désendettement de grande envergure est nécessaire, en plus des réformes structurelles et d’une transition vers l’économie de marché, afin d’allouer du capital de manière plus efficace. La question n’est pas vraiment de savoir si la Chine opérera une transition—à bien des égards, cette transformation a déjà commencé. Notre priorité est de déterminer comment se passe cette transformation, ce qui va disparaître et ce qui sera créé à la place, et où nous dénicherons des opportunités individuelles au cours du processus de désendettement du pays.

Les commentaires, les opinions et les analyses de Cindy Sweeting sont fournis à titre d’information uniquement et ne constituent pas des conseils d’investissement individuels, des recommandations à investir dans un titre ou à adopter une stratégie d’investissement particulière. Les conditions économiques et de marché étant susceptibles d’évoluer rapidement, les commentaires, opinions et analyses sont valables à leur date de publication et peuvent changer sans préavis. Le présent blog ne constitue pas une analyse complète des différents faits concernant un pays, une région, un marché, un secteur, un investissement ou une stratégie.

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 Quels sont les risques ?

Tout investissement comporte des risques, notamment celui de ne pas récupérer l’intégralité du capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Les cours des actions sont soumis à des fluctuations, parfois rapides et importantes, en raison de facteurs affectant les entreprises individuelles et certains secteurs ou sous-secteurs, ou du fait des conditions générales de marché. Les investissements à l’étranger comportent des risques spécifiques, comme les variations des taux de change, l’instabilité économique et l’évolution de la situation politique. Les investissements sur les marchés en développement présentent d’ailleurs des risques accrus par rapport aux mêmes facteurs, en plus de ceux associés à leur taille inférieure et à leur liquidité plus limitée.



[1] Sources : © 2014 FactSet Research Systems Inc. Tous droits réservés. Les informations contenues dans le présent document : (1) appartiennent à FactSet Research Systems Inc. et/ou ses fournisseurs de contenu, (2) ne peuvent être reproduites ou diffusées, et (3) ne sont pas garanties en termes de fiabilité, d’exhaustivité ou de pertinence. FactSet Research Systems Inc. et ses fournisseurs de contenus déclinent toute responsabilité quant à d’éventuels dommages ou pertes résultant d’une utilisation de ces informations. © 2014 Morgan Stanley Capital Index (MSCI). MSCI Emerging Markets Index, MSCI All-Country World Index. MSCI n’apporte aucune garantie, expresse ou implicite, ni ne fait aucune déclaration, et n’assume aucune responsabilité quant aux données de MSCI contenues dans le présent document. La redistribution des données de MSCI ou leur utilisation en lien avec d’autres indices, titres ou produits financiers n’est pas autorisée. Le présent rapport n’est ni approuvé, ni révisé, ni produit par MSCI. Les indices ne sont pas gérés et il n’est pas possible d’y investir directement. Les performances passées ne présagent pas des résultats futurs.

[2] Source : Source : FactSet. © 2014 FactSet Research Systems Inc. Tous droits réservés. Les informations contenues dans le présent document : (1) appartiennent à FactSet Research Systems Inc. et/ou ses fournisseurs de contenu, (2) ne peuvent être reproduites ou diffusées, et (3) ne sont pas garanties en termes de fiabilité, d’exhaustivité ou de pertinence. FactSet Research Systems Inc. et ses fournisseurs de contenus déclinent toute responsabilité quant à d’éventuels dommages ou pertes résultant d’une utilisation de ces informations. Les performances passées ne présagent pas des résultats futurs.