Beyond Bulls & Bears

Calmer les craintes liées aux taux d’intérêt sur les marchés obligataires

Cet article est également disponible en: Anglais Néerlandais Italien

Les taux d’intérêt commencent à progresser après une longue période pendant laquelle les banques centrales ont maintenu les taux directeurs à des niveaux historiquement bas pour faire face à l’ampleur et à la gravité de la crise financière. Selon David Zahn, responsable Taux Europe pour le Franklin Templeton Fixed Income Group®, c’est encore loin d’être le cas en Europe ; de plus, comme les spreads continuent à se resserrer, il estime pouvoir trouver des investissements obligataires particulièrement intéressants à moyen terme, notamment lorsque les pays seront valorisés en fonction de leurs qualités individuelles.

 

David Zahn
David Zahn

David Zahn, CFA®, FRM

Responsable Taux en Europe

Vice-président senior et gérant de portefeuille

Franklin Templeton Fixed Income Group®

 

 

Généralement, quand les taux d’intérêt sont sujets à une période de hausse, les investissements obligataires à échéance rapprochée ont tendance à surperformer la dette à long terme tout en présentant moins de risque. En effet, lorsque les rendements des obligations réagissent aux relèvements des taux d’intérêt, l’impact sur les prix est plus important pour la dette à long terme car son rendement devient moins attractif en comparaison du rendement des titres de même échéance nouvellement émis.

 

L’Europe offre selon nous des opportunités supplémentaires en raison de la diversité de ses d’émetteurs souverains. Par exemple, le différentiel de rendement entre les obligations souveraines italiennes et allemandes nous paraît toujours attrayant malgré le resserrement significatif des spreads depuis mi-2012.

 

Picture1 

 

Une carte à jouer au niveau des spreads souverains

 

Même si les rendements de la dette souveraine italienne ont nettement baissé depuis la mi-2012, nous pensons qu’ils n’intègrent encore pas totalement les avantages potentiels des transformations structurelles (certes timides) qui sont actuellement à l’œuvre au niveau de l’économie locale ; alors qu’en parallèle, les rendements allemands intègrent toujours une prime de « marché refuge » qui ne nous semble pas méritée.

 

Nous pouvons en tirer deux conclusions. Premièrement, une gestion active de l’allocation géographique semble primordiale pour stimuler le rendement potentiel. Deuxièmement, indépendamment de la façon dont les fondamentaux de la zone euro, de l’UE ou de l’Europe sont présentés, les investisseurs ne devraient pas considérer ces entités comme homogènes ou constituées de groupes distincts (comme les pays du cœur et les pays périphériques), mais plutôt se focaliser sur l’identification des emprunts d’État semblant offrir les profils rendement/risque les plus attrayants.

 

Au sein de notre approche de la dette souveraine européenne, l’évaluation des fondamentaux de crédit au niveau individuel à moyen terme est un élément clé. Par exemple, nous pensons que la dette souveraine italienne offre des perspectives globalement positives. Notre thèse d’investissement initiale avait été définie alors que l’aggravation de la crise de la zone euro à partir de fin 2011 avait montré aux dirigeants de la région à quel point il serait difficile de faire fonctionner l’union monétaire sans l’Italie.

 

Nous pensons que la volatilité observée durant la crise de la zone euro a éloigné les rendements souverains des fondamentaux de crédit sous-jacents, offrant ainsi de nombreuses opportunités d’investissement potentielles. Nous pensons qu’il est probable que de telles périodes de volatilité se reproduisent alors que les dirigeants européens tentent à la fois d’instaurer des réformes, de mener une politique d’austérité et de renouer avec la croissance. D’après nous, les investisseurs ont tout intérêt à analyser les fondamentaux de crédit de chaque pays et à les comparer, pour justement se préparer à ces épisodes de volatilité.

 

Les obligations d’entreprise ne manquent pas d’attrait

 

Une allocation tactique sur les obligations d’entreprise pourrait également se révéler judicieuse : en effet, le crédit privé de bonne qualité, comme celui de grands groupes européens dont la solvabilité est notée AAA, peut aider à diversifier un portefeuille.[1] Les obligations investment grade à échéance courte, notamment les titres de dette garantis, peuvent offrir de nombreuses opportunités d’investissement dotées d’un bon profil de rendement/risque et d’une sensibilité moindre par rapport aux changements de politique monétaire.

 

Malgré un rebond significatif depuis 18 mois à tous les niveaux d’échéances, certaines obligations d’entreprise recèlent encore, à maturité comparable, un fort potentiel par rapport à la dette souveraine de nombreux pays européens. Alors que la crise financière commence à se dissiper, les entreprises sont dotées de bilans plus solides et elles bénéficient de taux d’intérêt plus faibles. Cela signifie que certaines entreprises pourraient être à même d’afficher des fondamentaux de crédit en amélioration, condition nécessaire pour rendre leur dette attrayante aux yeux des investisseurs.

 

Les obligations d’entreprise, en particulier celles qui sont à duration courte, présentent par ailleurs une corrélation faible avec d’autres grandes classes d’actifs, ce qui permet de renforcer la diversification des portefeuilles.[2] Nous pensons qu’en ce sens, le crédit peut constituer une source intéressante de liquidité et de préservation du capital, tout en offrant un fort potentiel en termes de performance d’investissement.

 

Pour recevoir d’autres articles de Franklin Templeton Investments par e-mail, abonnez-vous au blog Beyond Bulls & Bears.

Pour recevoir de brèves informations sur l’investissement, suivez-nous sur Twitter @FTI_France et sur LinkedIn.

 

CFA et Chartered Financial Analyst® sont des marques déposées appartenant au CFA Institute.

 

 

Quels sont les risques?

 

Tout investissement comporte des risques, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale.

Les prix des obligations évoluent généralement dans le sens opposé des taux d’intérêt. La valeur d’une obligation peut varier en fonction de l’assise financière de son émetteur ou de sa note de solvabilité. Les investissements dans des obligations assorties d’une note de solvabilité faible et à rendement plus élevé comportent un plus grand risque de défaut et de perte du principal. Ces instruments présentent un risque de crédit plus important que les titres investment grade. Investir de temps en temps dans un nombre limité de pays, régions, secteurs ou types de placements peut exposer à un risque d’événements défavorables plus élevé qu’en investissant de façon plus diversifiée.



[1] Indice Barclays 1-3 Year Government/Credit Bond, Source : Barclays Global Family of Indices. © 2014 Barclays Capital Inc. Utilisation autorisée. Les indices ne sont pas gérés et il n’est pas possible d’y investir directement. La performance passée ne constitue pas un indicateur ni une garantie de la performance future.

[2] La diversification n’est pas une garantie de gain ou de protection contre le risque de pertes.