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Hongrie : un pays à contre-courant

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La Hongrie fait partie de ces pays dont les perspectives semblaient médiocres il y a encore quelques années aux yeux de nombreux investisseurs obligataires. Michael Hasenstab, directeur des investissements en Obligations internationales de Franklin Templeton Fixed Income Group®, est l’un des rares à avoir envisagé l’avenir de la Hongrie sous un autre angle. À la suite de sa dernière visite sur place, il explique pourquoi la Hongrie illustre bien son approche d’investissement « non contrainte » et souvent à contre-courant, et nous parle des autres pays qu’il suit de près actuellement.

Michael Hasenstab, Ph.D.

Michael Hasenstab and Szabolcs Ercsey, Franklin Templeton Managing Director, Hungary.
Michael Hasenstab et Szabolcs Ercsey, directeur général chez Franklin Templeton, Hongrie.


Vice-Président exécutif, Directeur des investissements en Obligations internationales   Franklin Templeton Fixed Income Group®

La Hongrie est un bon exemple de la démarche que nous adoptons au sein du Franklin Templeton Fixed Income Group. Nous avons commencé à investir en Hongrie il y a plusieurs années lorsque le marché était très pessimiste concernant les perspectives fondamentales du pays. Nous avions identifié un potentiel à long terme, tout en admettant qu’à court terme, la situation était difficile. Nous avons donc réalisé des investissements conséquents et, l’année dernière, avons vu une partie de ce potentiel se matérialiser. Le marché obligataire local a été l’un des plus performants de l’ensemble de l’univers émergent avec une progression de plus de 10 %[1] en 2013 (en dollars), et celui-ci continue sur sa lancée depuis le début de l’année.

Nous avons constaté que la politique du gouvernement hongrois était parfois peu conventionnelle, mais ce dernier a finalement réussi à élaborer un programme de réformes à long terme visant à capitaliser sur le potentiel latent de l’économie. Alors que ces réformes étaient mises en place, le gouvernement a mené une politique budgétaire très stricte et a désormais réussi à inverser la croissance de la dette et à faire baisser le ratio dette/PIB.

La Hongrie a su mettre en œuvre de nombreuses réformes de marché très progressistes, notamment dans les transports, la santé et l’éducation, qui ont abouti à la disparition des derniers vestiges du système communiste et à la modernisation de l’économie.

Le gouvernement a notamment lancé un système « d’assistance au travail » pour remplacer le mécanisme de protection sociale. Les personnes concernées ont vu leurs revenus augmenter par rapport à l’ancien système, mais ont l’obligation de travailler sur des projets publics. Le programme a été conçu pour une utilisation temporaire, la rémunération étant notamment inférieure au salaire minimum. Il a cependant permis de faire sortir les individus d’un système basé sur l’aide sociale à un système fondé sur le travail. Je pense que nous commençons à observer les premières retombées positives de ce programme.

Le gouvernement a également été très efficace dans la promotion des investissements directs étrangers (IDE). La Hongrie affiche en effet un excédent de la balance courante parmi les plus élevés en Europe centrale et même dans le monde.[2] Les exportations ont progressé, tout comme les IDE qui sont favorisés par la présence d’une main d’œuvre très compétente et un système fiscal avantageux. Je pense que nous commençons à en voir les premiers bénéfices. La croissance du PIB est ressortie à -1,67 % en 2012 et semble avoir atteint un plus bas ; les observateurs tablent aujourd’hui sur une progression de 2 % pour 2014.[3]

Les perspectives économiques de la Hongrie nous semblent prometteuses. Le gouvernement actuel a récemment été réélu en obtenant le soutien des 2/3 du Parlement, un soutien politique rarissime pour un Premier ministre en place à l’échelle mondiale. Nous pensons donc que les réformes déployées ces dernières années pourront se poursuivre à l’avenir et nous restons optimistes quant aux perspectives du pays.

La Pologne, une ancre de stabilité en Europe centrale
Nous restons optimistes concernant le potentiel de la région dans son ensemble. Nous considérons la Pologne comme un ancrage pour la stabilité en Europe centrale, à la fois sur le plan économique et politique, et nous continuons d’investir dans le pays.

La Pologne et la Hongrie bénéficient toutes deux de leurs connexions à la « machine à exporter » allemande. L’Allemagne est probablement l’une des plus grandes puissances économiques européennes, notamment grâce au soutien apporté par le secteur des exportations. La Hongrie, la Pologne mais également la Slovaquie en profitent directement, et nous voulons être exposés à cette dynamique. Par ailleurs, les dernières actions de la BCE en matière de politique monétaire devraient favoriser la relance, la Banque centrale ayant annoncé en début de mois un programme incluant des baisses de taux d’intérêt (avec un taux de dépôt négatif) et l’apport de nouvelles liquidités pour permettre aux banques de prêter aux petites entreprises.

L’exemple de la Pologne et de la Hongrie illustre bien la manière dont nous concevons les marchés émergents, àPicture1 savoir qu’on ne peut pas dire que ces derniers constituent un groupe uniforme. Nous pensons que plusieurs pays sont bien positionnés pour les années à venir, non seulement en Europe, mais aussi ailleurs dans le monde, comme la Corée du sud, la Malaisie ou le Mexique. Nous avons identifié des pays qui présentent des perspectives de croissance intéressantes, contrôlent leurs comptes budgétaires efficacement et affichent un solde extérieur positif.

Nous adoptons une attitude très opportuniste sur les quelques pays que nous jugeons bien positionnés pour les trois à cinq prochaines années. En revanche, d’autres pays comme la Turquie sont selon nous plus vulnérables et pourraient rencontrer certains obstacles ; c’est pourquoi, nous investissons de manière très sélective dans les marchés émergents en général. Nous employons une bonne partie de notre temps à visiter chaque pays (Hongrie, Ukraine, Corée du Sud, etc.) pour mieux appréhender les fondamentaux sous-jacents locaux.

En ce qui concerne nos portefeuilles obligataires internationaux, nous sommes restés sur la même ligne, à savoir un positionnement adapté à un contexte de hausse des taux d’intérêt. Notre objectif est ambitieux : générer des performances positives dans un contexte où de nombreux segments des marchés obligataires devraient enregistrer des performances négatives. Nous avons donc décidé :

  • de maintenir une exposition faible aux taux d’intérêt ;
  • d’adopter une approche hautement opportuniste sur certains marchés émergents ;
  • de continuer de miser sur la force du dollar américain face à l’euro et au yen et sur sa faiblesse par rapport à d’autres devises spécifiques comme celles du Mexique ou de la Corée du Sud ;
  • de conserver une approche d’investissement cohérente et prudente afin de s’accommoder des éventuels épisodes de volatilité.

 

 

Les commentaires, les opinions et les analyses de Michael Hasenstab sont fournis à titre d’information uniquement et ne constituent pas des conseils d’investissement individuels, des recommandations à investir dans un titre ou à adopter une stratégie d’investissement particulière. Les conditions économiques et de marché étant susceptibles d’évoluer rapidement, les commentaires, opinions et analyses sont valables à leur date de publication et peuvent changer sans préavis. Ce document ne constitue pas une analyse complète des faits relatifs aux divers pays, régions, marchés, secteurs, investissements ou stratégies cités. Les analyses et opinions contenues dans le présent document peuvent différer ou être opposées à celles d’autres services, gérants de portefeuille ou équipes de gestion de Franklin Templeton Investments.

 

 

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Quels sont les risques ?

Tout investissement comporte des risques, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. D’une manière générale, les investissements offrant des performances potentielles plus élevées sont associés à un risque également plus élevé. Les prix des obligations évoluent généralement dans le sens opposé des taux d’intérêt. Ainsi, lorsque les taux d’intérêt augmentent, la valeur d’un portefeuille obligataire peut reculer. Les investissements à l’étranger comportent des risques spécifiques, comme les variations des taux de change, l’instabilité économique et l’évolution de la situation politique. Investir dans les marchés émergents, y compris dans la sous-catégorie des marchés frontières, implique des risques accrus concernant ces mêmes facteurs, lesquels s’ajoutent aux risques liés à leur taille relativement plus réduite, à leur liquidité inférieure et à l’absence d’un cadre juridique, politique, commercial et social établi pour soutenir les marchés boursiers. Les risques liés à l’investissement dans les marchés frontières sont encore supérieurs à ceux associés aux marchés émergents en raison du développement moins avancé des structures précitées, ainsi que du potentiel de forte volatilité des prix, de la liquidité insuffisante, des barrières commerciales et des contrôles sur les taux de change.


[1] Bloomberg L.P., telle que mesurée par le sous-indice J.P. Morgan GBI-EM Global Hungary.

Les performances passées ne présagent pas des résultats futurs. Les indices ne font l’objet d’aucune gestion et il n’est pas possible d’y investir directement.

 

[2] Source : Base de données du FMI, Perspectives de l’économie mondiale, avril 2014 © Fonds monétaire international. Tous droits réservés.

[3] Ibid.


 [LK1]Caption for second photo:

Michael Hasenstab et Szabolcs Ercsey, Managing Director de Franklin Templeton en Hongrie