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les actions américaines se trouvent-elles à un tournant?

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Après une année où la progression des actions américaines semblait inarrêtable, des vulnérabilités ont fait leur apparition en 2014. Les actions se trouvent désormais à un tournant en ce milieu d’année, alors que de nombreux investisseurs se demandent s’il existe encore un potentiel haussier à exploiter sur le marché, ou du moins dans certains secteurs. Don Taylor, directeur des investissements au sein du Franklin Equity Group®, US Value, pense qu’il existe encore des poches de valeur sur le marché américain sur le long terme et profite des replis pour renforcer les positions de son portefeuille centré sur les dividendes.

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Don Taylor

 

Donald Taylor
Directeur des investissements, gérant de portefeuille 
Franklin Equity Group, US Value

Après une année 2013 exceptionnelle, il a semblé, à certains moments depuis le début de l’année 2014, que les actions ont fait du surplace, même si les principaux indices ont atteint des niveaux record ou s’en sont approchés. Malgré quelques replis de courte durée, je reste toutefois optimiste concernant le marché américain à long terme.

Si je suis optimiste, c’est parce que les taux d’intérêt sont toujours relativement bas : en effet, le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans s’établit désormais à un niveau inférieur aux 3 % enregistrés en début d’année.1 De plus, les spreads de crédit, qui mesurent l’écart de rendement entre un titre du Trésor et une obligation d’entreprise à rendement plus élevé, sont actuellement très serrés, ce qui pourrait témoigner d’une confiance des marchés du crédit américains dans l’économie du pays.2

Je pense que la renaissance énergétique et manufacturière aux États-Unis amorcée par le développement et l’exploitation du gaz de schiste constitue également un soutien important à long terme. Celle-ci n’en est d’ailleurs qu’à ses prémices. Au cours des sept dernières années environ, la production de pétrole et de gaz naturel aux États-Unis a fortement grimpé et la hausse de l’offre en gaz naturel bon marché favorise aujourd’hui les investissements et a un effet multiplicateur considérable dans le secteur manufacturier.

D’un point de vue macroéconomique, le scénario le plus probable en ce qui concerne le pays est la formation d’un environnement économique caractérisé par une accélération de la croissance et une hausse des taux d’intérêt. Comparé à la majeure partie du reste du monde, qui souffre d’incertitudes persistantes, les États-Unis possèdent des atouts attractifs à la fois en termes relatifs et absolus.

Les actionnaires surveillent la trésorerie des sociétés

Sur le front des entreprises, les grandes capitalisations ont notamment accumulé des trésoreries importantes et semblent désormais plus ou moins sommées d’utiliser ces liquidités à bon escient ou de les redistribuer aux actionnaires.

Toutefois, le marché ne récompense généralement pas les sociétés réalisant de vastes dépenses d’investissement. Il est possible que les investisseurs craignent que les sociétés ne finissent par dilapider les fonds propres en rachetant ou en construisant des installations et des équipements qui ne sont pas fondamentalement nécessaires.

En revanche, les sociétés qui ont adopté une approche plus pragmatique dans la gestion de leur capital en réalisant des acquisitions, des rachats d’actions ou en augmentant les dividendes ont eu globalement plus de chance.

Il est évident que la faiblesse de la croissance américaine au premier trimestre a effrayé certains investisseurs, mais je pense qu’il est essentiel de prendre du recul concernant les chiffres et le contexte actuel dans le pays. Les marchés ont en effet bien intégré le fait que cette faiblesse du PIB était principalement due à l’hiver rigoureux. De plus, les statistiques publiées récemment ont tendance à étayer l’opinion selon laquelle la plupart des indicateurs de l’activité économique se raffermissent.

Faible volatilité : faut-il s’en préoccuper ?

L’une des caractéristiques principales des marchés actions durant le premier semestre 2014 a été l’absence généralisée de volatilité. Si certains observateurs se sont inquiétés, c’est qu’ils ont fait le parallèle avec la période qui a précédé la crise financière de 2007-2008, lorsque la volatilité était également basse. Toutefois, je ne considère pas cela comme un problème. Nous avons déjà connu des périodes prolongées de volatilité très faible, comme du début au milieu des années 90 et 2000, alors que le marché boursier américain affichait toujours de bonnes performances.

Il est vrai que la volatilité était moins palpable jusqu’au début 2007, mais elle a clairement augmenté pendant la crise financière qui a suivie. Je ne vois cependant pas de raison particulière de tirer des conclusions des niveaux bas observés récemment et d’affirmer que les marchés américains prennent maintenant le même chemin qu’en 2007.

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Les entreprises versant des dividendes à l’honneur

Lorsque nous recherchons des opportunités pour notre portefeuille, nous pensons qu’il est important de faire des distinctions entre les différentes sociétés versant des dividendes. Alors que nous anticipons une hausse des taux d’intérêt, les sociétés affichant un rendement du dividende élevé (mais un taux de croissance de celui-ci plus faible) pourraient avoir tendance à se comporter comme des obligations en raison de la baisse des cours de leurs actions. Cela est dû au fait que les investisseurs en quête de rendement ont tendance à acheter ces titres pour obtenir le même type de revenu régulier que celui offert par une obligation. Cela dit, ce contexte de hausse éventuelle des taux que nous anticipons, dû au durcissement de la politique des banques centrales visant à lutter contre l’inflation, n’est généralement pas de bon augure pour la performance des obligations. Nous pensons que les cours des sociétés affichant une croissance du dividende ralentie ont également tendance à baisser en cas de hausse des taux car durant les périodes de croissance soutenue, les investisseurs sont en mesure de trouver des titres offrant un rendement plus élevé dans d’autres segments.

Nous allons certainement nous concentrer sur les sociétés présentant une croissance soutenue du dividende plutôt qu’un rendement élevé. Lorsque nous sélectionnons des valeurs pour notre portefeuille, nous nous attachons systématiquement à déterminer leurs facteurs de croissance. Nous privilégions en particulier les sociétés qui pourraient tirer parti du contexte de hausse éventuelle des taux engendrée par une accélération de la croissance économique, et nous évitons généralement les titres présentant des ratios de distribution plus élevés3, car ils ont tendance à se comporter comme des obligations.

Sur le plan sectoriel, les technologies nous semblent être un point d’entrée intéressant pour dénicher des sociétés augmentant leur dividende. Il y a 10 ou 15 ans, nous n’aurions sûrement pas pris en considération ce secteur, mais à l’heure actuelle, certaines entreprises ont réussi à augmenter leurs dividendes de manière significative sur le long terme et répondent donc à nos critères en la matière.

À l’inverse, alors que de nombreuses sociétés du secteur des services financiers tombaient auparavant dans cette catégorie, la crise financière a forcé la plupart des banques à réduire leurs dividendes, voire même à en interrompre le versement. Nous identifions toujours quelques compagnies d’assurance intéressantes, mais ce n’est pas un segment sur lequel nous sommes concentrés. Je pense qu’en fin de compte certaines banques et sociétés de services financiers seront à nouveau en mesure d’afficher le niveau de dividendes que nous attendons, mais pas avant plusieurs années.

Dans le cadre de notre stratégie centrée sur la croissance des dividendes, nous avons tâché de trouver un compromis en lissant les hausses comme les baisses, avec un objectif de volatilité inférieure à celle du marché dans son ensemble.

 Les commentaires, les opinions et les analyses de Don Taylor sont fournis à titre d’information uniquement et ne constituent pas des conseils d’investissement individuels, des recommandations à investir dans un titre ou à adopter une stratégie d’investissement particulière. Les conditions économiques et de marché étant susceptibles d’évoluer rapidement, les commentaires, opinions et analyses sont valables à leur date de publication et peuvent changer sans préavis. Ce document ne constitue pas une analyse complète des faits relatifs aux divers pays, régions, marchés, secteurs, investissements ou stratégies cités.

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Quels sont les risques ?

Tout investissement comporte des risques, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Les cours des actions sont soumis à des fluctuations, parfois rapides et importantes, en raison de facteurs affectant les entreprises individuelles et certains secteurs ou sous-secteurs, ou du fait des conditions générales de marché.