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Hausse du dollar : bilan mitigé pour les autres devises mondiales

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Après plusieurs années difficiles, il se pourrait que le dollar américain soit à l’aube d’un redressement durable. Nous arrivons au terme des programmes mis en œuvre par la Fed à la suite de la crise financière de 2007-2009 pour maintenir les taux d’intérêt (et le dollar) à des niveaux bas, et l’économie américaine semble s’accélérer. John Beck, Directeur Fixed Income à Londres et gérant de portefeuille, affirme que le contexte se prête au grand retour du dollar et livre son opinion sur les conséquences parfois inattendues de la hausse de la devise américaine sur le marché des changes.

John Beck
John Beck

John Beck

Directeur Fixed Income, Londres

Vice-président senior et gérant de portefeuille

Franklin Templeton Fixed Income Group®

Je pense que le dollar se trouve à l’aube d’un redressement marqué et durable du fait des mesures massives d’assouplissement quantitatif (QE) et de l’amélioration des conditions économiques aux États-Unis.

Le programme de QE de la Réserve fédérale américaine était incontestablement hors du commun. La taille du bilan du pays est passée de 880 milliards de dollars en 2008 à 4 500 milliards en 2014[1], principalement sous l’impulsion des rachats de titres à long terme par la Fed. La banque centrale a racheté de la dette afin de faire baisser les taux d’intérêt à long terme et ainsi de stimuler l’emprunt. Ses achats mensuels de dette à long terme ont atteint jusqu’à 85 milliards de dollars, mais ont été réduits à 35 milliards en juillet et devraient s’achever au mois d’octobre.

En outre, l’économie américaine progresse à un rythme de 4,6 %, le taux de chômage a chuté sous la barre des 6 % en septembre et la balance courante représente 2,3 % du PIB, ce qui est plutôt raisonnable.

Cependant, si le programme de QE a été considéré comme hors du commun, il convient de revoir maintenant la définition du mot « commun ». Si l’on doit revenir aux choses telles qu’elles étaient auparavant, on s’attend nécessairement à certains changements.

Dans un contexte où l’économie américaine montre des signes d’amélioration et se défait du soutien apporté par le QE, il est tout à fait raisonnable de supposer que les devises des régions qui gonflent leur bilan par le biais de programmes de QE (comme la zone euro) vont s’en trouver pénalisées. Toutefois, nous n’avons pas encore observé ce phénomène. Plus tôt dans l’année, l’euro s’échangeait contre 1,40 dollar et a oscillé entre 1,20 et 1,40 dollar au cours des trois dernières années.[2]

 

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Au contraire, on observe une appréciation du dollar face aux devises des pays affichant des bilans relativement solides. Au sein du Franklin Templeton Fixed Income Group®, nous avons suivi les effets de la hausse du dollar sur les pays présentant selon nous des fondamentaux assez robustes tels que la Corée du Sud, où le gouvernement s’attache à améliorer la gouvernance d’entreprise. Le pays affiche d’importants excédents courants et est un exportateur majeur dans le monde. On pourrait avancer que le won sud-coréen devrait être immunisé contre la tendance haussière du dollar, mais ce n’est toujours pas le cas aujourd’hui.

Le peso mexicain s’est également déprécié et nous nous sommes demandés si cette baisse ne répondait pas justement à l’évolution du dollar. Le Mexique réforme son secteur de l’éducation et son marché du travail et a récemment voté une loi prévoyant l’ouverture du secteur énergétique aux investisseurs privés, qui met fin à 76 ans de monopole de l’État. On comprend facilement pourquoi le réal brésilien recule au vu de la contraction du PIB du pays, de son activité manufacturière et de celle de la construction, mais doit-il en être de même pour le peso mexicain ? Nous allons suivre la situation de près à l’avenir.

Je ne pense pas que la livre sterling sera autant affectée par l’appréciation du dollar car le Royaume-Uni, à l’instar des États-Unis, est en meilleure santé économique que d’autres pays. Je ne serai d’ailleurs pas surpris de voir la livre résister mieux que l’euro face au dollar. La banque d’Angleterre (BOE), comme la Fed aux États-Unis, a déclaré qu’elle comptait relever les taux d’intérêt en 2015 étant donné que la reprise dans le pays s’est révélée supérieure à ses anticipations.

Le casse-tête des matières premières

L’appréciation du dollar, ainsi que le ralentissement de la croissance en Chine, ont également entraîné un recul des prix des matières premières. Les prix des matières premières de base exercent une pression baissière sur l’inflation au moment même où la BCE tente de mettre en place des mesures visant à la relancer. En conséquence, je crois qu’il y a de fortes chances que la déflation se répande dans toute la zone euro et que globalement, la BCE ne prend pas assez d’initiatives pour endiguer ce phénomène. La banque centrale fait son possible, mais reste limitée par des enjeux politiques. Je n’ai pas l’impression que les pays de la zone euro arrivent à développer une vision commune et encore moins à s’accorder sur la manière de la concrétiser.

Privilégier les obligations ?

D’un autre côté, les obligations de la zone euro pourraient présenter un potentiel intéressant en raison de la mauvaise croissance économique dans la région. Le marché local n’est en effet pas confronté à la même problématique de hausse des taux d’intérêt que les États-Unis ou le Royaume-Uni par exemple. Et pour cause, lorsque l’économie ne fonctionne pas correctement, qui peut bien se soucier d’une éventuelle hausse des taux d’intérêt ? Je pense que la BCE devra adopter un statu quo, fût-ce pendant une décennie entière.

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[1] « Recent balance sheet trends », Conseil des gouverneurs de la Réserve fédéral, 10/01/2014.

[2] Source : © 2014 FactSet Research Systems Inc. Tous droits réservés. Les informations contenues dans le présent document : (1) appartiennent à FactSet Research Systems Inc. et/ou ses fournisseurs de contenu, (2) ne peuvent être reproduites ou diffusées, et (3) ni leur fiabilité, leur exhaustivité ou leur adéquation n’est garantie. Ni Factset ni ses fournisseurs de contenu ne sont responsables des dommages ou des pertes découlant de l’utilisation de ces informations.