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Réunion de mars du FOMC et mouvements des taux d’intérêt

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Les professionnels de l’investissement de Franklin Templeton Investments apportent un point de vue concis et précieux sur un thème d’investissement d’actualité.

Christopher Molumphy, de Franklin Templeton Fixed Income Group, partage son analyse de la réunion du 17 et 18 mars du Federal Open Market Committee (FOMC), évoque l’évolution à venir des taux d’intérêt américains et nous explique pourquoi il pense que les rendements à 10 ans des bons du Trésor pourraient rester faibles pendant une période (trop ?) prolongée.

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Christopher Molumphy

Chris Molumphy, CFA, Directeur des investissements, Franklin Templeton Fixed Income Group®.

Quelles sont les principales conclusions à tirer de la réunion de mars de la Fed ?

 Dans le dernier communiqué de la Fed, l’institut d’émission fait état d’un léger ralentissement de l’activité économique récemment, mais c’est surtout la suppression du mot « patient » dans les éléments de langage évoquant les futures hausses de taux qui a fait sensation sur les marchés. La Fed a affirmé que « en accord avec ses déclarations précédentes, le Comité estim[ait] qu’un relèvement du taux des Fed Funds[1] dans la fourchette d’objectif rest[ait] improbable lors de la réunion d’avril. » Cela signifie que la Fed pourrait commencer à augmenter les taux d’intérêt à partir du mois de juin. Étant donné que selon les indications de Janet Yellen, toute hausse des taux sera annoncée deux réunions à l’avance, le mois de juin semble donc la première perspective probable. Cela dit, rien n’indique que les taux seront relevés à ce moment-là. La Fed a également fait savoir qu’elle surveillerait les statistiques, ce qui suggère selon nous que la première hausse de taux pourrait plutôt intervenir en septembre.

Y a-t-il eu des changements significatifs dans les prévisions économiques de la Fed ?

S’agissant de l’économie américaine, la Fed a légèrement revu à la baisse ses anticipations de croissance au cours de sa réunion de mars en tablant sur une fourchette de 2,3 %–2,7 % sur l’année; contre une prévision de 2,6 %–3 % en décembre 2014. La médiane de cet ordre de prévisions est donc passée de 2,8 à 2,5 % pour l’année en cours. La Fed a expliqué partiellement cette baisse des prévisions par le recul des exportations, causé par la solidité du dollar. À noter également que l’hiver rigoureux dans le nord-est des États-Unis et les fermetures de ports dues aux mouvements de grève sur la côte Ouest pourraient également contribuer au fléchissement de la croissance au premier trimestre 2015.

La Fed a également revu à la baisse ses anticipations d’inflation par rapport à il y a trois mois, ce qui n’est surprenant étant donné la chute des prix du pétrole. Le point intéressant, c’est que la Fed prévoit une inflation sous-jacente (hors énergie) de l’ordre de 1,3 %–1,4 % en 2015 et 1,5 %–1,9 % en 2016, soit également moins que les prévisions de décembre 2014. La Fed estime actuellement que l’inflation restera modérée jusqu’en 2017, mais nous ne partageons pas forcément cet avis.

En outre, l’institution a affirmé que les États-Unis devraient connaître ce qu’elle décrit comme le « plein emploi » cette année et a prédit que le taux de chômage devrait osciller entre 5 et 5,2 % à la fin de l’année 2015.

Comment expliquer le rebond des actions et des obligations alors que la Fed semble se préparer à relever les taux ?

 Je pense qu’après la réunion de mars de la Fed, les marchés ont surtout conclu que les hausses de taux d’intérêt seront très progressives lorsqu’elles se produiront. Janet Yellen a fait remarquer que même si le terme « patient » était exclu du langage de la Fed, cela ne voulait pas dire qu’il laissait place à l’« impatience ». La politique de la banque centrale restera donc probablement accommodante, et son action dépendra de l’évolution des statistiques. Comme nous l’avons dit, nous pensons que la Fed va commencer à relever les taux d’intérêt cette année, sûrement en septembre. Étant donné que le chômage recule et que l’on s’approche des niveaux de plein emploi, il est peu vraisemblable que le taux des Fed funds reste à zéro. Ce qui importe plus selon nous, c’est le degré de prudence dont la Fed fera preuve dans ses décisions. En 2004, pendant son dernier cycle de durcissement monétaire, la Fed avait relevé les taux d’intérêt de 25 points de base (0,25 %) à chaque réunion mensuelle pendant deux ans ; néanmoins, je ne pense pas que ce soit le cas cette fois-ci.

Que pensez-vous de la solidité du dollar et de son impact sur l’économie ?

 Je pense que le dollar a certes une incidence sur la croissance économique américaine, mais relativement faible. Les retombées de l’appréciation du billet vert alimentent la chronique, mais nous pensons que cela touche plus les résultats des multinationales que le PIB américain dans son ensemble. Rappelons que les États-Unis sont principalement tournés vers leur marché intérieur et que la consommation représente deux tiers du PIB ; c’est pourquoi la santé du marché du travail et de la consommation sont des éléments plus importants à considérer lorsque l’on analyse la croissance globale du pays. La solidité du dollar a donc bien un impact, mais mineur.

Pourquoi n’y a-t-il pas d’inflation des salaires alors que l’on s’approche des niveaux de plein emploi ?

 Le plein emploi n’équivaut pas à un taux de chômage de 0 %. En effet, il y a toujours des individus qui cherchent à changer de poste, ce qui est défini comme le chômage frictionnel. Les États-Unis s’approchent du niveau de plein emploi, mais il est vrai que nous n’avons pas observé une inflation des salaires marquée. L’une des raisons de ce phénomène tient au taux de participation, soit le pourcentage d’individus employés ou cherchant du travail, qui est très peu élevé par rapport au niveau habituellement attendu après une période de récession. Cela pourrait s’expliquer en partie par les vagues de baby-boomers qui décident de prendre leur retraite, mais quelle que soit la raison, le taux de participation ne devrait pas baisser outre mesure à court terme, ce qui maintiendra l’inflation des salaires à des niveaux modestes.

Quand les rendements des bons du Trésor vont-ils commencer à remonter ?

 Les taux à court terme devraient selon nous commencer à progresser cette année, mais de manière graduelle. La question des taux à long terme est plus épineuse. Nous estimons que les rendements à 10 ans des bons du Trésor américain devraient être plus élevés compte tenu des conditions économiques actuelles. Ils connaîtront probablement une hausse au cours de l’année, mais pour un certain nombre de raisons, les taux à long terme pourraient rester plus bas qu’ils ne le devraient pendant un long moment. La baisse des prix du pétrole contient les perspectives d’inflation actuelles, même si cet effet pourrait s’estomper avec le temps. La croissance n’est d’après nous certainement pas assez dynamique pour déclencher une hausse de l’inflation ou des taux d’intérêt à court terme. L’appréciation marquée du dollar exerce également une pression baissière sur les prix des importations, ce qui contribue à contenir l’inflation.

On parle beaucoup du durcissement monétaire de la Fed, n’oublions pas que les conditions de liquidités mondiales resteront très accommodantes. Le Japon demeure engagé dans un vaste programme d’assouplissement quantitatif (QE), tandis que la BCE a lancé il y a quelques semaines son propre dispositif d’un montant d’environ 1 000 milliards d’euros. Les politiques conciliantes des banques centrales en dehors des États-Unis devraient continuer de maintenir les taux d’intérêts mondiaux à des niveaux bas au cours l’an prochain. Nous pensons que les rendements à 10 ans des bons du Trésor américains, qui sont actuellement inférieurs à 2 %, doivent remonter. Toutefois, étant donné que les rendements à 10 ans des emprunts d’État japonais avoisinent 0,3 %, ceux des Bunds allemands environ 0,17 % et que ceux de la dette suisse sont passés en territoire négatif[2], on peut dire que même s’ils finiront probablement par remonter, les rendements américains pourraient rester assez faibles pendant un long moment dans ce contexte.

Quelles sont les implications en termes d’investissement ?

Nous pensons que dans le cadre de l’investissement obligataire, la diversification[3], notamment géographique, prend tout son sens au vu des conditions de marché. Nous identifions des opportunités individuelles dans les obligations mondiales et un contexte économique favorable aux obligations d’entreprise aux États-Unis, qui devrait globalement soutenir le crédit privé investment grade et high yield. Nous privilégions également les « bank loans »  ainsi que les obligations municipales au vu de l’environnement de croissance solide.

 

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Quels sont les risques ?

Tout investissement comporte des risques, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Les cours des actions sont soumis à des fluctuations, parfois rapides et importantes, en raison de facteurs affectant les entreprises individuelles et certains secteurs ou sous-secteurs, ou du fait des conditions générales de marché. Les investissements à l’étranger comportent des risques spécifiques, comme les variations des taux de change, l’instabilité économique et l’évolution de la situation politique. L’investissement dans les ressources naturelles comporte des risques spécifiques, comme une sensibilité accrue à la dégradation des conditions économiques et aux changements règlementaires qui affectent le secteur.

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[1] Le taux des Fed Funds est le taux au jour le jour auquel un établissement de dépôt prête à un autre établissement de dépôt des fonds détenus auprès de la Fed.

[2] Source : Bloomberg, mars 2015.

[3] La diversification n’est pas une garantie de gain ou de protection contre le risque de pertes.