Beyond Bulls & Bears

Rencontre avec la gérante : Heather Arnold

Cet article est également disponible en: Anglais Néerlandais Allemand Espagnol Polonais

D’après certains experts, investir est plus un art qu’une science et Heather Arnold, diplômée à la fois en art et en économie, est plutôt d’accord avec cette théorie. Selon elle, le fait d’avoir étudié l’art lui permet de mieux comprendre le monde et la pousse à envisager toutes les possibilités lorsqu’elle doit prendre des décisions d’investissement. En tant que Directrice de la recherche, analyste et gérante de portefeuille chez Templeton Global Equity Group, Heather Arnold a très souvent eu l’occasion de procéder à des évaluations, plus particulièrement en Europe, ce qui est l’un de ses domaines d’expertise. Mais en tant que disciple de longue date de feu Sir John Templeton, elle est loin d’adopter une approche globale et systématique de l’investissement. Elle préfère évaluer une société sous tous les angles avant de décider de l’ajouter à sa collection. Faites connaissance avec Heather Arnold et son approche de la gestion d’actifs.

Heather Arnold
Heather Arnold

Heather Arnold, CFA
Directrice de la recherche, Analyste
Gérante de portefeuille
Templeton Global Equity Group

Beyond Bulls & Bears : De quand date votre intérêt pour le secteur de la gestion d’actifs ?

Heather Arnold : C’est mon père qui a éveillé mon intérêt pour la gestion d’actifs alors que je n’étais encore qu’au lycée. Il suivait de très près les entreprises et les actions, et il aimait en discuter pendant le dîner. Plusieurs années avant de travailler pour Templeton, je l’ai accompagné à l’une des assemblées générales du groupe. Des centaines de personnes étaient rassemblées dans un auditorium pour écouter Sir John Templeton. À cette époque, dans les années 1980, l’économie mondiale et les marchés étaient en train de s’effondrer. Sir John s’exprimait avec calme et un optimisme sincère sur le potentiel considérable qu’il décelait dans les actions dans lesquelles il investissait dans différents pays du monde. Il était tout à fait passionnant en parlant de sa société, de l’investissement et du monde en général. J’ai été captivée.

Beyond Bulls & Bears : Comment définiriez-vous votre approche en tant que gérante de portefeuille ?

Heather Arnold : Je crois fermement au processus value de Templeton : acheter des actions lorsque nous considérons que leurs valorisations sont extrêmement basses, diversifier nos positions autant que possible sur différents secteurs et pays, puis faire preuve de patience.

Beyond Bulls & Bears : Quels ont été les marchés les plus difficiles auxquels vous ayez été confrontée pendant votre carrière dans la gestion d’actifs ?

Heather Arnold : La période la plus difficile pour moi a été durant la bulle technologique à la fin des années 1990. Plusieurs semaines avant l’éclatement de cette bulle, en février 2000, j’ai demandé à intervenir lors d’une conférence organisée par l’AIMR (Association for Investment Management and Research, devenue aujourd’hui le CFA Institute) sur le thème « Est-ce la fin de l’investissement value ? » Deux gérants adeptes des valeurs de croissance ont parlé en premier et ont exposé des arguments intéressants expliquant pourquoi ils pensaient que c’était bien le cas. Le troisième intervenant a tenté de démontrer le contraire, mais il a battu en retraite en plein milieu de sa présentation. Lorsque mon tour est venu de parler, j’ai eu l’impression d’être la dernière personne à défendre l’investissement axé sur les actions sous-évaluées, un processus en lequel je crois toujours fermement, malgré toutes les preuves incitant à croire le contraire à l’époque. Quelqu’un dans l’assistance a demandé si j’étais le dernier membre de la congrégation soutenant que la terre était plate. Comme je dis souvent, le temps guérit toutes les blessures.

Beyond Bulls & Bears : Quel conseil reçu durant votre carrière continuez-vous d’appliquer ?

Heather Arnold : Pour paraphraser le regretté Sir John Templeton : faites simple. Bien évidemment, avec lui, cela semblait beaucoup plus facile que cela ne l’était en réalité.

Beyond Bulls & Bears : Vous avez de nombreuses années d’expérience de l’investissement en Europe, une région qui a eu sa part de difficultés économiques dernièrement. Quel est votre sentiment concernant cette région ? Dans quels secteurs identifiez-vous des valorisations très attractives aujourd’hui ?

Heather Arnold : L’économie semble se redresser grâce à l’impact combiné de la politique d’assouplissement quantitatif, de la dépréciation de l’euro et de la baisse des prix du pétrole. Des réformes structurelles prometteuses ont été mises en place dans certains pays qui avaient connu des difficultés durant la crise de la dette souveraine débutée en 2009, et des mesures de restructuration tout aussi encourageantes ont été instaurées dans les entreprises. De nombreuses valeurs européennes se négocient toujours avec une décote par rapport à leurs homologues mondiaux. Les opportunités sont assez nombreuses et diversifiées mais les plus intéressantes concernent des sociétés du secteur de l’énergie, de la finance et de l’industrie.

Beyond Bulls & Bears : La Russie est l’un des pays que vous couvrez pour Templeton Global Equity Group. Selon vous, quelles sont les principales idées reçues qu’ont les investisseurs sur ce pays ? Quelles sont vos perspectives pour la Russie ?

Heather Arnold : Nous pensons que la Russie renferme un excellent potentiel, mais parfois, elle semble entraver son propre développement, comme dernièrement. Mais le point positif est que les entreprises russes ont subi de fortes pressions qui les ont poussées à préserver leur capital et à augmenter leurs dividendes afin de rassurer les actionnaires. Certaines d’entre elles ont aussi profité de la récente crise en Russie, due aux sanctions liées à son intervention en Ukraine, pour renforcer leur gouvernance, qui est habituellement très en-dessous des normes mondiales. À plus long terme, si les prix du pétrole repartent à la hausse (et nous pensons qu’ils finiront par le faire), et si la Russie s’engage dans un cessez-le-feu au point de faire lever les sanctions imposées par les États-Unis et l’Europe, les sociétés russes pourraient se redresser rapidement et être plus compétitives qu’avant.

Beyond Bulls & Bears : Vous êtes titulaire de licences à la fois en économie et en histoire de l’art. Comment votre connaissance du monde de l’art influence-t-elle vos idées d’investissement ?

Heather Arnold : Plus vous sortez, vous explorez et vous observez, plus vous comprendrez le monde qui vous entoure. Pour dénicher des opportunités véritablement rémunératrices sur les marchés et dans la vie, il vaut mieux ratisser large et garder l’esprit ouvert.

Beyond Bulls & Bears : Avec un diplôme en histoire de l’art, vous avez dû visiter de nombreux musées lors de vos voyages. Lequel est votre préféré et pourquoi ?

Heather Arnold : La Tate Modern à Londres est l’un de mes musées préférés ; il est situé dans une ancienne centrale électrique au bord de la Tamise. J’ai participé à un projet de performance artistique dans ce musée durant les Jeux olympiques de 2012 et je m’y sens un peu chez moi. Le musée d’art moderne Louisiana près de Copenhague propose une fantastique collection dans un cadre magnifique, de même que le Storm King Art Center, un jardin de sculptures sur le fleuve Hudson dans l’État de New York. Et le musée des beaux-arts de l’Ontario, chez moi à Toronto, a récemment été transformé par Frank Gehry et est aujourd’hui l’un des plus beaux musées du monde. C’est comme avec les actions : pourquoi n’en choisir qu’un seul ?

Beyond Bulls & Bears : Avez-vous déjà envisagé de faire carrière dans le domaine artistique ?

Heather Arnold : Pour mon premier emploi, j’ai travaillé dans une galerie d’art de Toronto. Je gagnais 9 000 dollars canadiens par an et j’ai décidé que je préférais collectionner les œuvres d’art plutôt que les vendre.

participating in the Ride for Hope 2013
participe à la course « the Ride for Hope » en 2013

Beyond Bulls & Bears : De quelle réussite êtes-vous le plus fière ?

Heather Arnold : Trois semaines après avoir emménagé à Nassau, j’ai parcouru 80 km à vélo pour la course de charité « Ride for Hope », dont l’objectif est de lever des fonds pour financer un traitement contre le cancer et des soins aux patients. Je n’étais pas montée sur un vélo depuis des années et j’étais ravie que le vieux dicton « le vélo, ça ne s’oublie pas » se soit appliqué à moi.

Beyond Bulls & Bears : Vous êtes la Directrice de College Ready Bahamas, qui aide les étudiants des Bahamas à préparer leur candidature pour entrer à l’Université. Qu’est-ce qui vous a plu dans la mission de cette organisation ?

Heather Arnold : College Ready Bahamas aide les lycéens des Bahamas à passer le SAT, l’examen d’admission à l’Université. Je suis convaincue de l’importance de l’éducation et de l’exploration du monde. Et College Ready aide les étudiants du pays à faire les deux via leur entrée à l’Université.

Beyond Bulls & Bears : Avez-vous d’autres activités ou loisirs en dehors du travail ?

Heather Arnold : J’aime le cyclisme, le kayak, le pilates, la sculpture sur bois, la cuisine et passer du temps avec mes fils. J’aime aussi la lecture, ça va sans dire.

Les commentaires, les opinions et les analyses d’Heather Arnold sont personnels et fournis à titre d’information uniquement dans l’intérêt général et ne sauraient constituer un conseil d’investissement individuel, une recommandation ou une incitation à acheter, vendre ou détenir un titre ou à adopter une stratégie d’investissement particulière. Ils ne constituent pas un conseil d’ordre juridique ou fiscal. Les informations fournies sont valables à leur date de publication et peuvent changer sans préavis. Ce document ne constitue pas une analyse complète des faits relatifs aux divers pays, régions, marchés, ou investissements cités.

 Les données de tierces parties peuvent avoir été utilisées dans la préparation de ce document et Franklin Templeton Investments (« FTI ») n’a pas vérifié, validé ni audité de manière indépendante ces données. FTI décline toute responsabilité quant aux éventuelles pertes résultant de l’utilisation de ces informations et la pertinence des commentaires, analyses et opinions présents dans cet article est laissée à la seule appréciation du lecteur. Les produits, services et informations peuvent ne pas être disponibles dans toutes les juridictions et sont fournies par les sociétés affiliées de FTI et/ou leurs distributeurs, dans la mesure où la réglementation/législation locale l’autorise. Veuillez consulter votre conseiller financier pour toute information supplémentaire sur la disponibilité des produits et services dans votre juridiction.

Recevez directement toutes les perspectives de Franklin Templeton Investments. Abonnez-vous au blog Beyond Bulls & Bears.

 Pour recevoir des informations abrégées sur l’investissement, suivez-nous sur Twitter @FTI_France et sur LinkedIn.

CFA® et Chartered Financial Analyst® sont des marques déposées de CFA Institute.

Quels sont les risques ?

 Tout investissement comporte des risques, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Les cours des actions sont soumis à des fluctuations, parfois rapides et importantes, en raison de facteurs affectant les entreprises individuelles et certains secteurs ou sous-secteurs, ou du fait des conditions générales de marché. Les investissements à l’étranger comportent des risques spécifiques, comme les variations des taux de change, l’instabilité économique et l’évolution de la situation politique. Les investissements sur les marchés en développement présentent d’ailleurs des risques accrus par rapport aux mêmes facteurs, en plus de ceux associés à leur taille inférieure et à leur liquidité plus limitée.