Beyond Bulls & Bears

Œil sur les tempêtes et quête de revenus

Cet article est également disponible en: Anglais Néerlandais Allemand Espagnol Polonais

Les « cyclones macroéconomiques » qui ont balayé récemment les marchés financiers mondiaux ont pour le moins donné matière à réfléchir, même aux investisseurs les plus avertis. Ceux qui sont en quête de revenu vont probablement se trouver face à un gros défi désormais. Toby Hayes, vice-président et gérant de portefeuille de Franklin Templeton Solutions, estime qu’avec la gestion en fonction des facteurs de risques, philosophie au cœur de sa stratégie multi-actifs, un nouveau mode de réflexion pourrait s’imposer dont l’objectif final serait la monétisation de la volatilité. Il s’explique dans cet article.

Toby_Hayes_mug

Toby Hayes
Vice-président et gérant de portefeuille
Franklin Templeton Solutions

Pour un gérant multi-actifs classique axé sur le revenu, le défi de l’environnement actuel est évident : générer un revenu tout en conservant une approche dite « défensive », en se concentrant sur les actifs traditionnellement moins volatils et surtout en minimisant le risque de correction marquée de ses portefeuilles. Dans le contexte actuel, nous ne pensons pas qu’un portefeuille multi-actifs classique soit en mesure de fournir ce « revenu défensif ».

Les rendements des emprunts d’État étant à des niveaux extrêmement bas, pour atteindre un objectif de revenu potentiel de 4 % à 5 %, un gérant adoptant une approche classique peut envisager d’augmenter son allocation à la dette émergente à haut rendement et/ou aux actions aux dividendes élevés. Ces actifs qu’on qualifie « de croissance » sont aussi considérés comme plus risqués en raison de leur potentiel de volatilité et ils ont tendance à perdre de la valeur en cas de correction du marché.

En effet, dans la conjoncture actuelle, le concept d’un portefeuille à risque faible et revenu élevé via une allocation d’actifs traditionnelle n’est selon moi pas viable. On peut obtenir un portefeuille « à risque faible » au sens où celui-ci est peu volatil, mais les chances sont grandes pour qu’il soit principalement composé d’emprunts d’État dont le rendement actuel est quasiment nul. Par conséquent, nous estimons qu’il est nécessaire d’adopter une approche différente.

Selon nous, il est possible d’accéder à des sources de revenus plus conséquentes via une approche axée sur les facteurs de risques appliquée de manière soigneuse et appropriée. La volatilité représente l’un de ces facteurs de risques au sein de notre stratégie.

Influence des indicateurs macroéconomiques

Ces derniers mois, l’économie (États et entreprises) a largement évolué au gré des fluctuations d’indicateurs macroéconomiques comme la vigueur du dollar américain et la volatilité des prix des matières premières (notamment du pétrole). Même si l’on peut juger que certaines de ces tendances macroéconomiques sont positives, leurs bénéfices se reflètent généralement plus en aval. Ainsi, les avantages que les consommateurs devraient retirer de la baisse des prix du pétrole se refléteront probablement sur la croissance mondiale au second semestre 2015. En revanche, on voit déjà les répercussions néfastes de l’appréciation du dollar sur les exportateurs américains et sur ceux dont les engagements sont libellés en dollars.
C’est pourquoi nous repositionnons actuellement notre stratégie de manière défensive : je pense que nous devons nous préparer à une période plus volatile. Lorsque la volatilité augmente, je veux essayer d’en profiter davantage que ne le font les stratégies multi-actifs classiques axées sur le revenu.

Cyclones macroéconomiques : hausse du dollar et spirale baissière des matières premières

Selon nous, plusieurs tendances macroéconomiques extrêmement ravageuses sont actuellement à l’œuvre à travers le monde. La première est la relative solidité du dollar américain, qui remet en question la viabilité des bénéfices de plusieurs entreprises du S&P 500 ces derniers trimestres. La seconde est la spirale baissière des prix des matières premières, attribuable en partie au ralentissement de l’économie chinoise.

De ces deux « cyclones macroéconomiques », le premier nous semble le plus important : la vigueur croissante du dollar américain.
Selon nous, de nombreux investisseurs ont négligé le rôle joué par la relative faiblesse passée du dollar dans les bénéfices du S&P 500, même dans un contexte de morosité de l’économie américaine.
La plupart des titres de cet indice sont des entreprises multinationales qui génèrent leurs bénéfices à l’extérieur des États-Unis ; quand le billet vert était faible, ces bénéfices gonflaient lorsque les bénéfices réalisés à l’étranger étaient reconvertis en dollars.

Face à la vigueur croissante du dollar, cette situation s’est complètement inversée. Dans de nombreux cas, les prévisions de bénéfices ont été revues à la baisse, ce qui nous amène à nous demander si le marché considère cette nouvelle évolution comme un problème de conversion en dollar ou s’il reverra son opinion sur le S&P 500(1) en tant que classe d’actifs ? Comme c’est une classe d’actifs de référence, si l’on tient compte uniquement du facteur dollar, on peut affirmer sans trop de marge d’erreur que la volatilité des actions est au mieux susceptible de s’accentuer, et qu’elle pourrait entraîner une correction des marchés.

En outre, le marché anticipe de plus en plus un relèvement des taux de la Réserve fédérale américaine depuis que celle-ci a retiré le mot « patience » de ses prévisions lors de sa réunion de mars. Par conséquent, je pense que les bases sont jetées pour une possible hausse structurelle de la volatilité, certainement parmi les actions américaines.
Parallèlement, le ralentissement visible de la croissance économique chinoise semble accroître les pressions baissières sur les prix des matières premières et contribuer au second cyclone macroéconomique.

À noter que certains estiment que les répercussions du raffermissement du dollar et de la baisse des prix des matières premières pourraient être particulièrement sévères pour les marchés émergents.
Ainsi, les marchés émergents producteurs de matières premières observent souvent un recul de leur revenu national.

En revanche, certains autres marchés émergents importateurs nets de pétrole, tels que l’Inde et d’autres pays asiatiques, bénéficient largement de la baisse des prix des matières premières.
Nous craignons cependant que de nombreux marchés émergents soient surendettés. Ceux qui achètent en dollar subiront probablement des pressions en cas de poursuite de l’appréciation du billet vert.
La baisse des prix des matières premières et la vigueur du dollar ont eu d’importantes répercussions pour les marchés émergents et nous pensons que ce n’est pas un hasard si certains pays émergents ont connu des crises monétaires lors des précédentes phases de rebond marqué du dollar.

Nous employons une stratégie d’investissement classique axée sur le revenu et qui s’appuie sur la volatilité pour enregistrer une prime potentielle. Comme la volatilité s’accentue de manière structurelle, nous pensons qu’il existe plus de potentiel haussier dans ces allocations au revenu. À l’heure actuelle, le potentiel haussier de la valeur des actifs auquel nous pourrions renoncer serait selon nous compensé par le revenu potentiel généré. En cas de marché baissier manifeste, le potentiel de création de valeur devrait augmenter, car nous ne renoncerions pas à un potentiel haussier. Ce serait alors une stratégie envisageable pour les investisseurs qui estiment que nous arrivons au terme d’un cycle de marché haussier.

Le risque pour cette stratégie serait une poursuite du cycle de marché haussier et un effondrement de la volatilité à un niveau quasiment nul. Un investisseur avec une approche plus classique (même une qui englobe les obligations à haut rendement ou des marchés émergents) devrait s’attendre à surperformer dans ce contexte. Toutefois, nous pensons qu’un investisseur cherchant un positionnement plus défensif pourrait envisager cette approche.

Les commentaires, les opinions et les analyses présentés dans ce document reflètent un point de vue personnel du gérant et sont fournis à titre d’information uniquement. Ils ne constituent pas des conseils d’investissement individuels, une recommandation à acheter, vendre ou détenir un titre ou à adopter une stratégie d’investissement particulière. Ils ne constituent pas un conseil d’ordre juridique ou fiscal. Les informations fournies sont valables à leur date de publication et peuvent changer sans préavis. Ce document ne constitue pas une analyse complète des faits relatifs aux divers pays, régions, marchés, ou investissements cités.

Les données de tierces parties peuvent avoir été utilisées dans la préparation de ce document et Franklin Templeton Investments (« FTI ») n’a pas vérifié, validé ni audité de manière indépendante ces données. FTI décline toute responsabilité quant aux éventuelles pertes résultant de l’utilisation de ces informations et la pertinence des commentaires, analyses et opinions présents dans cet article est laissée à la seule appréciation du lecteur. Les produits, services et informations peuvent ne pas être disponibles dans toutes les juridictions et sont fournis par les sociétés affiliées de FTI et/ou leurs distributeurs, dans la mesure où la réglementation/législation locale l’autorise. Veuillez consulter votre conseiller financier pour toute information sur la disponibilité des produits et services dans votre juridiction.

Recevez directement toutes les perspectives de Franklin Templeton Investments. Abonnez-vous au blog Beyond Bulls & Bears.

Pour recevoir des informations abrégées sur l’investissement, suivez-nous sur Twitter @FTI_France et sur LinkedIn.

Quels sont les risques ?

Tout investissement comporte un risque, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Les cours des actions sont soumis à des fluctuations, parfois rapides et importantes, en raison de facteurs affectant les entreprises individuelles et certains secteurs ou sous-secteurs, ou du fait des conditions générales de marché. Les investissements à l’étranger comportent des risques spécifiques, comme les variations des taux de change, l’instabilité économique et l’évolution de la situation politique. Les investissements sur les marchés en développement présentent des risques accrus liés aux mêmes facteurs. Les prix des obligations évoluent généralement dans le sens opposé des taux d’intérêt. La valeur d’une obligation peut varier en fonction de l’assise financière de son émetteur ou de sa note de solvabilité. Les investissements dans les produits dérivés impliquent des coûts spécifiques et introduisent un levier économique susceptible d’accroître sa volatilité et d’occasionner des pertes dans des proportions dépassant l’investissement initial. Les ventes à découvert peuvent entraîner des pertes supérieures au montant initialement investi. Le risque de liquidité existe lorsque les titres sont devenus plus difficiles à vendre au prix auquel ils ont été valorisés.

(1) Les indices ne sont pas gérés et il n’est pas possible d’y investir directement.