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L’Inde sort de l’ombre de la Chine

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En 2015, la croissance du produit intérieur brut de l’Inde a dépassé celle de la Chine, et la plupart des observateurs estiment que l’économie indienne restera vigoureuse en 2016. Grâce à une démographie favorable, au rebond du cycle des bénéfices des entreprises et à de multiples moteurs de croissance intérieure, l’Inde devrait donc continuer sa montée en puissance, comme l’explique Sukumar Rajah, directeur général et directeur des investissements de Franklin Local Asset Management actions asiatiques.

Sukumar Rajah
Sukumar Rajah

Sukamar Rajah
Directeur général et Directeur des investissements
Franklin Local Asset Management, Actions asiatiques

L’Inde et la Chine figurant parmi les principaux moteurs de la croissance mondiale aujourd’hui, les observateurs sont souvent amenés à établir des comparaisons. Depuis peu, les deux pays éclipsent les autres marchés BRIC (qui recouvrent le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine) en termes de niveaux de croissance ; pourtant, leurs économies présentent des profils très différents.

En Chine, la croissance est plus mature et le pays connaît des difficultés en termes de démographie et de productivité du capital. Actuellement, l’économie chinoise est en cours de rééquilibrage et les autorités tentent de résorber les surplus de capacité dans l’industrie et de réduire les niveaux de dette (notamment des entreprises) ; en revanche, l’Inde est à un stade nettement plus précoce de son développement économique et devrait bénéficier de cet effet de « rattrapage ». C’est une des raisons pour lesquelles nous sommes plus optimistes vis-à-vis de la trajectoire de la croissance de l’Inde.

L’Inde est beaucoup moins avancée au regard de divers indicateurs de développement tels que le produit intérieur brut (PIB) par habitant et l’urbanisation, ce qui implique que son économie devrait récolter les fruits d’initiatives politiques appelées à réussir. D’autre part, l’Inde pourrait bénéficier de moteurs de croissance structurels : au cours des dix prochaines années, plus de 110 millions de personnes âgées de 15 à 64 ans devraient venir grossir les rangs de sa main d’œuvre1, et le ratio de dépendance2 est en baisse, ce qui est un autre signe de l’accroissement de la population en âge de travailler. En effet, plus ce ratio est faible, plus l’économie a de main d’oeuvre à disposition, ce qui est généralement favorable à la croissance économique si le marché du travail comporte suffisamment de postes à pourvoir. Parallèlement, la classe moyenne indienne, en plein essor, devrait contribuer à l’économie à hauteur de 1 741,7 milliards USD d’ici 2020 et favoriser l’apparition d’une croissance davantage portée par la consommation.3

Graph 1

Par ailleurs, l’Inde affiche un potentiel d’amélioration sur les fronts de la productivité, de l’enseignement et de l’urbanisation. Le développement de la classe moyenne et l’accroissement du commerce (et des infrastructures) en zone rurale peuvent accélérer l’urbanisation au cours des années à venir. Si la croissance de l’emploi ralentit dans les grands centres métropolitains, les périphéries se sont agrandies de presque 12 %4 et selon la Banque mondiale, il reste un fort potentiel inexploité dans les villes d’Asie du Sud, où la population devrait s’accroître de quasiment 250 millions de personnes au cours des 15 prochaines années.5

Grâce à son modèle économique axé sur des moteurs internes (ce qui, à notre avis, constitue une force depuis quelque temps déjà), l’Inde dispose d’un important potentiel lié au développement des infrastructures et du commerce dans ses zones rurales. De fait, les espaces ruraux sont au cœur de l’approche économique des pouvoirs publics et constituent l’un des grands axes du Budget 2016-2017. C’est donc un facteur auquel nous resterons attentifs, sans oublier que l’économie rurale peut se montrer vulnérable à des facteurs d’une tout autre dimension, comme par exemple les moussons.

Enfin, l’Inde affiche des taux d’endettement des ménages très faibles et des perspectives d’inflation modérée, si bien que sa démographie peut contribuer à soutenir la croissance sans risque de surchauffe économique. D’après le Fonds monétaire international (FMI), la croissance du PIB de l’Inde devrait atteindre 7,5 % en 2016 et 2017, contre 6,3 % et 6 % respectivement pour la Chine.6

Graph 2

Actions indiennes : reprise cyclique en vue 

Dans l’immédiat, l’économie indienne est exposée à des tendances extérieures, telles que le ralentissement de la croissance chinoise et la volatilité boursière. Au début de l’année, les marchés mondiaux ont connu un trou d’air, et l’Inde n’a pas fait exception ; cependant, le fait que l’économie locale repose sur des moteurs internes devrait l’aider à surmonter facilement ces obstacles. En tant qu’investisseurs de long terme, nous sommes convaincus que ces moteurs internes vont assurer la surperformance du marché indien par rapport à ses pairs.

D’un point de vue cyclique, l’Inde vient de traverser une phase de ralentissement prolongé particulièrement sévère. Nous prévoyons une hausse du potentiel de croissance dû à la reprise cyclique et au redressement des dépenses des entreprises (sous l’effet des investissements dans les infrastructures et de la consommation urbaine), ainsi qu’à l’environnement de taux d’intérêt accommodant favorisé par le reflux de l’inflation. En effet, les prix augmentent moins et la balance courante s’améliore grâce au repli des cours du pétrole et des matières premières, tandis que la baisse des taux d’intérêt diminue le coût du capital pour les entreprises. Nous anticipons donc un redressement des bénéfices des entreprises, lié à la fois à la croissance des chiffres d’affaires et à l’expansion des marges. Cette dynamique devrait se révéler robuste et durable par rapport à celle de la Chine, qui a besoin de procéder à davantage d’ajustements pour relancer la croissance des bénéfices des entreprises.

Bien que les valorisations du marché soient proches des moyennes à long terme, elles nous semblent raisonnables au regard du cycle et de la qualité des bénéfices. Néanmoins, certaines actions surévaluées vont certainement se réajuster, d’où encore une fois l’importance d’une sélection des valeurs bottom-up basée sur les critères de croissance, de rentabilité et de durabilité.

Graph 3

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  1. Sources : Division de la population des Nations unies et Banque mondiale, principaux indicateurs économiques du ratio de dépendance en date de 2013.
  2. Le ratio de dépendance représente la proportion de non-actifs par rapport au nombre de personnes en âge de travailler.
  3. Sources : Brookings Institution – Development, Aid, and Governance Indicators (DAGI), Factset et Ministry of Statistics & Programme Implementation – Inde, mars 2015.
  4. Source : « Leveraging Urbanization in South Asia: Managing Spatial Transformation for Prosperity and Livability », Banque mondiale, 2016.
  5. Source : Banque mondiale : « South Asia Not Taking Full Economic Advantage of Urbanization », septembre 2015.
  6. Source : Fonds monétaire international, Perspectives de l’économie mondiale, janvier 2016.