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Thin Slicing the Markets (les marchés à la loupe) : Aperçu de la dette et positions défensives

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Le Thin slicing (littéralement découpage en tranches fines), concept popularisé par le spécialiste des sciences sociales Malcolm Gladwell dans son ouvrage Blink: The Power of Thinking without Thinking, fait référence à la notion théorique selon laquelle les individus (généralement de manière inconsciente et rapide) ont tendance à tirer des déductions précises et très perspicaces quant à une personne ou une situation sur la base de « tranches » d’informations limitées ou réduites. De nombreux psychologues et sociologues estiment que ces impressions rapides sont aussi précises, voire même plus, que des jugements basés sur d’importants volumes d’informations.

Dans le premier billet de cette nouvelle série, « Thin Slicing the Markets (les marchés à la loupe) », Matthias Hoppe, vice-président senior et gérant de portefeuille de Franklin Templeton Solutions, prône un positionnement de portefeuille prudent car il identifie des tendances défavorables aux États-Unis.

Matthias Hoppe
Matthias Hoppe

 Matthias Hoppe

Vice-président senior et gérant de portefeuille

Franklin Templeton Solutions

 

« Une dette nationale, pourvu qu’elle ne soit pas excessive, est une bénédiction nationale. »

Alexander Hamilton (1755-1804), père fondateur des États-Unis d’Amérique et premier secrétaire du Trésor américain

Cité dans la rubrique « Our History » du Département américain du Trésor.

 

Est-ce vraiment une bénédiction ?  19 000 milliards USD et ce n’est pas fini

Si Alexander Hamilton était encore en vie, il serait probablement effaré par l’énorme mur de dette accumulé par son pays depuis le début du XIXe siècle.

Ce qui ne représentait au début que 19 608,81 USD en 1789 (un prêt en réalité contracté par M. Hamilton en tant que premier secrétaire du Trésor), s’élève maintenant au montant faramineux de 19 000 milliards USD, soit une dette actuelle de 58 000 USD par habitant (hommes, femmes et enfants) aux États-Unis.

Pour mieux visualiser l’énormité de cette dette, imaginons que l’on empile 19 000 milliards USD en billets de 1 dollar : la pile atteindrait 2 075 175 km de haut, soit six fois la distance entre la Terre et la lune.


Et comme si cela ne suffisait pas, les économistes défendent souvent cet excès d’endettement en invoquant le regretté Hamilton (et à mon avis, en prenant soin d’ignorer la mention « pourvu qu’elle ne soit pas excessive »).

Le ratio d’endettement des États-Unis en dehors du secteur financier (composé de la dette des ménages, des entreprises et des gouvernements au niveau fédéral et des États) par rapport au produit intérieur brut (PIB) a atteint le niveau historique de 248 % en 2015, alors que le précédent record établi en 2009 était de 245 %. L’endettement total (financier compris) a augmenté d’environ 2 000 milliards USD l’année dernière, soit 1 400 milliards USD au-dessus de la progression du PIB nominal.

Par conséquent, le ratio d’endettement total par rapport au PIB s’est établi en 2015 à 370 %, niveau nettement supérieur au seuil de 250-300 % généralement considéré par les universitaires comme celui où la dette freine la productivité au lieu de l’améliorer.0516_Slicing_U S Debt to GDP_Yr Chart_final-fr-FR

Pour aller plus loin dans la réflexion, l’économiste Van R. Hoisington a récemment écrit que de 1955 à l’an 2000, il fallait environ 1,70 USD de dette pour générer 1,00 USD de PIB aux États-Unis. Toutefois, depuis lors, il faut en moyenne 3,30 USD de dette pour générer 1,00 USD de PIB, ce qui tend à prouver que même si les Américains (et les entreprises américaines) continuent de s’endetter et de mettre en gage tout ce qui leur passe par la main, le rendement de chaque dollar emprunté diminue rapidement.

Ce fardeau de la dette massif (pour les États-Unis et les marchés développés à travers le monde) est clairement problématique, car en plus de peser sur le PIB, l’endettement pénalise fortement les fondamentaux des entreprises. Je pense que ces difficultés devraient malheureusement persister.

Gardons à l’esprit que toute dette entraîne implicitement la réalisation immédiate de dépenses prévues dans le futur. Quelles sont donc les répercussions pour les dépenses futures ?

Dans le fond, mon analyse (et mon instinct) me dit que la situation n’est pas formidable pour la croissance américaine. Compte tenu de ces difficultés en termes de dette/bénéfice, qui viennent s’ajouter à d’autres facteurs peu encourageants, je pense que les portefeuilles des investisseurs doivent être positionnés en conséquence.

Notre stratégie concernant les actions est en grande partie défensive, mettant en jeu des tactiques qui selon nous devraient doper les performances totales si les marchés sont mis à mal, tout en maintenant une exposition au bêta[1] si les marchés rebondissent. Pour les investisseurs en actions américaines, japonaises et européennes, pas question encore de « quitter le navire », mais il serait néanmoins avisé de rassembler les canots de sauvetage et de réduire la voilure.

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[1] Le bêta fait référence à une mesure de l’ampleur des fluctuations historiques des cours des actions d’un portefeuille par rapport à celles de l’ensemble du marché (ou de l’indice adéquat). Un bêta de 1,00 est attribué au marché (ou à l’indice), de sorte qu’un portefeuille avec un bêta de 1,20 voit son cours augmenter ou diminuer de 12 % lorsque l’ensemble du marché augmente ou diminue de 10 %.