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Alternatives

Stratégies alternatives : un nouveau souffle

Brooks Ritchey, Senior Managing Director chez K2 Advisors, nous fait part de son analyse et explique pourquoi il voit se profiler certains facteurs positifs pour les stratégies alternatives.

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Après trois années décevantes en milieu de décennie, on a assisté au cours des 12 derniers mois à un environnement plus propice aux stratégies alternatives. Brooks Ritchey, Senior Managing Director chez K2 Advisors, nous fait part de son analyse et explique pourquoi il voit se profiler certains facteurs positifs.

Des forces naturelles imprévisibles comme des rafales de vent et des marées agitées viennent souvent perturber les plaisanciers lorsqu’ils tentent d’amarrer leur bateau dans un port bondé. Une rafale de vent soudaine, par exemple, pourrait aisément pousser une embarcation par la proue ou la poupe pendant l’amarrage et lui faire rater sa cale d’accostage attitrée.

Les plaisanciers chevronnés, quant à eux, ont tendance à composer avec les éléments comme la mer et le vent lorsqu’ils manoeuvrent dans les marinas. Au rythme des courants, ils s’aident souvent de la direction du vent et du mouvement des vagues qui les poussent pour barrer leur navire jusque dans les cales d’accostage étroites.

L’idée est de dompter les éléments qui se dressent sur votre chemin et de les exploiter à votre avantage — cela vaut pour l’amarrage d’un bateau comme pour les investissements. Tout comme pour le vent et la marée, qui peuvent s’avérer utiles aux skippers chevronnés, il existe des facteurs exogènes touchant les marchés financiers internationaux sur lesquels les gérants de fonds alternatifs adroits peuvent compter dans leur quête de l’alpha (qui est une mesure de la valeur ajustée aux risques que le gestionnaire de portefeuille actif ajoute ou déduit de la performance d’un portefeuille).

Un certain nombre de facteurs — comme la hausse des taux d’intérêt américains, la récurrence de fortes fluctuations des devises mondiales et des écarts de performance élevés entre les actions sur différents secteurs et dans diverses régions — peuvent avoir contribué à créer un environnement de plus en plus favorable aux stratégies alternatives, qui ont vu un revirement positif en termes de performance au cours des derniers trimestres.

Sur une période de 12 mois (se terminant le 30 juin 2017), les fonds alternatifs mondiaux, tels que mesurés par l’indice HFRX Global Hedge Fund, ont enregistré une hausse honorable de 6,0 % en dollars américains.[1] Il s’agit là d’une amélioration conséquente du rendement de ces stratégies d’investissement alternatives par rapport aux deux années précédentes. Depuis le début de l’année, l’indice HFRX Global Hedge Fund était en hausse de plus de 2,56 % en dollars américains.[2] (Présenté à des fins d’illustration uniquement ; ne reflète pas les performances d’un fonds ni les caractéristiques d’un portefeuille de Franklin Templeton. Les performances passées ne constituent pas un indicateur ni une garantie des performances futures.)

Hausse des taux : une aubaine pour les fonds alternatifs

Après avoir fluctué autour de zéro pendant sept ans, les taux d’intérêt américains ont commencé à augmenter fin 2015.

D’un point de vue empirique, nous pouvons voir que le redressement de la performance des stratégies alternatives (depuis début 2016) coïncidait avec la hausse des taux d’intérêt aux États-Unis. L’analyse statistique de la relation historique entre les taux d’intérêt et l’alpha confirme le fait que les fonds alternatifs sont généralement plus performants dans un contexte de taux haussiers. La logique est sans détour : lorsque les taux d’intérêt sont en hausse, on constate un écart plus grand des rendements dans des classes d’actifs différentes, créant ainsi davantage d’opportunités en matière de trading pour les gérants de fonds alternatifs axés sur l’alpha.

L’alpha peut être plus prononcé et supérieur dans certains cycles économiques ou milieux d’investissement (périodes de hausse des taux par exemple). Il peut être inférieur et immobile dans d’autres phases.

Le graphique ci-dessous illustre la corrélation positive entre les niveaux d’alpha (par rapport à l’indice S&P 500) sur l’indice composé des fonds Hedge Fund Research Index (HFRI FWI)[3] et les taux d’intérêt, tels que mesurés par les rendements des bons du Trésor américain à cinq ans, sur une période de 26 ans, de janvier 1991 à avril 2017. Il montre que des taux d’intérêt nominaux supérieurs ont correspondu d’un point de vue historique à un alpha annuel supérieur à la moyenne pour le HFRI FWI. Par exemple, lorsque les taux ont atteint leur niveau le plus haut (représenté par la cinquième barre sur la partie droite du graphique), les niveaux d’alpha moyens ont, de la même manière, atteint leur niveau le plus élevé.

Plus d’opportunités pour des stratégies alternatives spécifiques

En substance, des taux d’intérêt en hausse ont par le passé bénéficié à certains types de stratégies alternatives, en particulier les long/short equity et l’arbitrage d’instruments obligataires.

Dans l’univers des actions, lorsque les taux d’intérêt augmentent, les entreprises dotées de fondamentaux fragiles peuvent être confrontées à une pression croissante, leur aptitude à tirer profit de taux d’intérêt plus faibles pour financer leurs opérations commerciales étant limitée. Les sociétés criblées de dettes pourraient également subir une pression financière supplémentaire à mesure que les coûts d’emprunt augmentent lorsque les taux d’intérêt commencent à grimper. D’autre part, un environnement de hausse des taux pourrait bénéficier aux entreprises disposant d’une trésorerie abondante, dont les états financiers sont susceptibles de s’améliorer, au même titre que les intérêts créditeurs provenant de l’excédent de trésorerie.

La dégradation de la performance opérationnelle, les marges bénéficiaires et la solidité financière d’entreprises cotées plus faibles pourraient peser sur les prix des actions à mesure que les taux d’intérêt remontent. Parallèlement, les parts d’entreprises aux fondamentaux solides avec des liquidités excédentaires pourraient être réévaluées grâce à la hausse des intérêts créditeurs.

Théoriquement, il y aura un écart de prix plus important entre les actions d’entreprises plus faibles et celles d’entreprises aux fondamentaux plus solides lorsque les taux d’intérêt augmenteront. Cela pourrait créer des opportunités intéressantes en matière de trading pour les gérants long/short equity, bénéficiant d’un univers d’actions mieux défini en termes de gagnants et de perdants potentiels.

Sur le segment obligataire, les [4]obligations de duration longue sont généralement moins touchées lorsque les taux d’intérêt augmentent par rapport aux titres à revenu fixe de duration réduite.

Au vu de l’évolution de la situation du cycle des taux d’intérêt américains, les gérants spécialistes de l’arbitrage d’obligations — semblables aux investisseurs de long/short equity — pourraient bénéficier de davantage d’opportunités en matière de trading durant leur quête de l’alpha. Par exemple, ils pourraient chercher à acheter des obligations résilientes à coupons décents avec une baisse des prix limitée tout en prenant une position courte sur des titres obligataires qui semblent vulnérables lorsque les taux d’intérêt et les anticipations d’inflation suivent une tendance à la hausse.

En effet, le ralentissement du marché des obligations d’État américain fin 2016 et début 2017 a bénéficié à de nombreux gérants spécialistes de l’arbitrage d’obligations qui ont pu profiter de la baisse des prix des bons du Trésor américain pendant ces périodes.

Un environnement plus propice à la captation de l’alpha

Les stratégies alternatives n’ont en général pas été très performantes en 2014 et 2015 — une période qui a été principalement caractérisée par un appétit (« risk-on ») et une aversion (« risk-off ») changeants pour le risque sur les marchés financiers mondiaux. Les investisseurs ont généralement brassé de grosses sommes d’argent des classes d’actifs en parallèle.

À notre avis, cette période difficile pour les stratégies alternatives semble à présent révolue. Ces derniers temps, les investisseurs mondiaux ont fait preuve de plus de discernement dans leurs processus de sélection d’investissements et d’allocation des actifs, en mettant l’accent sur les facteurs fondamentaux. Cela a entraîné un écart de prix plus important et davantage d’opportunités en matière de trading sur différents titres individuels et classes d’actifs, qui, selon nous, ont permis aux fonds alternatifs d’enregistrer de meilleurs résultats en général.

Les gérants de titres event-driven et long/short equity, par exemple, ont enregistré des gains généralement plus élevés en moyenne au cours des 12 à 18 mois précédents, et ce, grâce à l’attention accrue des investisseurs pour un événement spécifique à la société, la croissance des bénéfices, les bilans et les valorisations de chaque titre dans différents secteurs et régions.

Dans le même temps, les investisseurs incertains quant aux perspectives des actions et obligations semblent commencer à allouer plus d’argent aux stratégies alternatives destinées à capter de l’alpha sur les marchés en hausse comme en baisse. Les gérants de fonds alternatifs « doublement actifs », qui choisissent des gagnants et perdants potentiels indépendamment des cycles boursiers, visent également à offrir une protection contre le risque baissier aux investisseurs lorsque les conditions de marché se détériorent.

Dans l’ensemble, nous pensons que les conditions de marché actuelles semblent favorables à une variété de stratégies alternatives. La tendance haussière des taux d’intérêt américains, les fluctuations marquées sur les marchés des devises mondiaux et un écart de prix plus important concernant les titres individuels et les classes d’actifs pourraient être des facteurs particulièrement propices aux gérants de stratégies alternatives souhaitant capter de l’alpha.

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Quels sont les risques ?

Tout investissement comporte un risque, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. L’identification d’opportunités de placement attrayantes est difficile et implique un certain degré d’incertitude et il n’est absolument pas garanti que ces stratégies d’investissement alternatives soient payantes. Investir dans de telles stratégies expose à différents risques, comme ceux auxquels sont soumises les entités investissant dans tous types d’instruments, y compris à la volatilité. Le risque qu’une opération entraîne une perte si les attentes du gérant ne se concrétisent pas demeure toujours une possibilité.

Les valeurs de marché des titres détenus par les portefeuilles K2 vont monter ou descendre, parfois rapidement ou de façon imprévisible. Les perspectives des stratégies alternatives sont déterminées par rapport à d’autres stratégies alternatives et ne représentent pas une opinion sur une performance absolue future anticipée ou sur le risque.

L’indice HFRI Global Hedge Fund vise à représenter l’ensemble de l’univers des stratégies alternatives par rapport à la base de données de Hedge Fund Research, Inc. Les indices ne font l’objet d’aucune gestion et il n’est pas possible d’y investir directement. Contrairement à la majorité des indices des classes d’actifs, les performances de l’indice HFR tiennent compte des commissions et des frais. Les performances passées ne constituent pas un indicateur ni une garantie des performances futures.

[2] Ibid. Du 1er janvier au 26 mai 2017.

[3] L’alpha est calculé selon l’indice S&P 500. L’indice composé des fonds HFRI est un indice mondial équipondéré de plus de 2 000 fonds à gérant unique sous la responsabilité de la base de données de Hedge Fund Research, Inc. Les indices ne font l’objet d’aucune gestion et il n’est pas possible d’y investir directement. Ils ne tiennent pas compte des commissions, dépenses et frais de vente. Contrairement à la majorité des indices des classes d’actifs, les performances de l’indice HFR tiennent compte des commissions et des frais. Les performances passées ne constituent pas un indicateur ni une garantie des performances futures.

 

[4] La duration permet d’évaluer la sensibilité d’une obligation aux variations des taux d’intérêt.