Beyond Bulls & Bears

Perspectives

Est-il temps de réévaluer nos prévisions ? Mise à jour de septembre

Les marchés internationaux ont été relativement calmes cet été en dépit de bon nombre d’incertitudes. Les risques géopolitiques ont perduré à l’échelle mondiale et, dans certaines régions, des changements imminents en termes de politique monétaire semblent également probables. Une question clé pour de nombreux investisseurs consiste à se demander si la tranquille période estivale caractérisée par une faible volatilité laissera place à un automne plus agité. Les principaux dirigeants en matière d’investissement de Franklin Templeton donnent leur point de vue sur les marchés et débattent au sujet des secteurs pour lesquels ils envisagent des opportunités et des risques à venir.

Cet article est également disponible en: Anglais Chinois simplifié Néerlandais Italien Allemand Polonais

 


 

Réduction de l’assouplissement quantitatif (QE) — Va-t-il apaiser les marchés ?

Q : Les banques centrales sont restées un sujet de prédilection des marchés mondiaux. Pouvez-vous nous fournir une mise à jour de ce que les différentes banques centrales à travers le monde transmettent ?

Michael Hasenstab : L’accent a été particulièrement mis sur la rapidité et l’ampleur des relèvements de taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine (Fed), mais je crois qu’on ne se concentre pas suffisamment sur ce qui se passe lorsque la banque centrale commence à diminuer son bilan. Selon moi, la Fed sera la première banque centrale à opérer ce dénouement, suivie de la BCE à un moment ou à un autre. La Banque du Japon n’est toutefois pas vraiment encore en mesure d’opérer une diminution de son bilan selon moi. Même si elle met un terme à l’assouplissement quantitatif, je crois qu’elle visera encore un rendement à 10 ans proche de zéro.

 La Fed ne s’étant jamais séparée telle quantité d’actifs auparavant, des préoccupations sont à prévoir. La probabilité qu’aucune perturbation ne survienne est théoriquement possible, mais semble peu vraisemblable dans les faits. Nous devons nous y préparer. Ce qui est important, ce ne sont pas seulement les actions de la Fed au niveau de son bilan. Une déréglementation importante est en cours et des dépenses budgétaires pourraient également advenir. L’horizon outre-Atlantique n’est pas très limpide.

Christopher Molumphy : Selon Michael, un travail considérable attend les banquiers centraux. Initialement, le bilan de la Fed était inférieur à 1 000 milliards USD. Désormais il s’établit à 4 500 milliards USD, la tâche est donc grande pour le diminuer. Selon moi, la Fed a plutôt effectué un bon travail dans sa tentative de transmettre ses intentions. Mais comme l’a fait remarquer Michael, d’importantes actions nous attendent et bon nombre de choses pourraient mal tourner.

Ed Perks : Je pense qu’une autre chose primordiale est la transition possible que nous pourrions observer au sein de la Fed. La présidente du Conseil des gouverneurs de la Fed, Janet Yellen, devrait achever son mandat début 2018. Les marchés seront de plus en plus concentrés, selon moi, sur la voie potentielle qu’adoptera la nouvelle direction de la banque centrale, s’il s’avère que Janet Yellen ne reste pas à la tête de cette institution.

Christopher Molumphy : Alors que Janet Yellen n’est pas totalement hors-jeu pour un second mandat, il paraît vraisemblable à ce stade que la Fed sera gouvernée par une nouvelle personnalité. Lorsque nous nous attardons sur les perspectives à venir de la politique monétaire, l’impact de cette transition est en suspens. Comme l’a fait remarquer Ed, nous nous trouvons au cœur de la dernière ligne droite du mandat de Janet Yellen et nous aurons ainsi besoin d’obtenir des informations au sujet de cette transition le plus tôt possible.

Michael Hasenstab : Selon moi, ce serait une bonne chose qu’une personne du côté du marché soit à la tête de la Fed. Mais concernant la politique monétaire américaine et ses répercussions, je crois que c’est assez simple. Il faut que les taux d’intérêt amorcent une hausse. Outre-Atlantique, le plein emploi a fait son retour, la croissance économique correspond ou est supérieure au potentiel prévu et il n’y a plus d’écart de production. L’inflation n’a pas intégré ce scénario pour l’heure, mais cela n’est probablement qu’une question de temps puisqu’il s’agit d’un indicateur retardé. Tous ces facteurs visent un rendement du bon du Trésor à 10 ans probablement supérieur à 2 %.

Q : De quelle manière les investisseurs doivent-ils réfléchir aux opportunités créées ou potentiellement en voie de disparition ?

Chris Molumphy : Nous disposons davantage d’un horizon de placement de moyen à long terme, donc nous tentons de rester concentrés sur le long terme. Parallèlement à cela, nous essayons de tirer profit d’une partie de la volatilité à court terme où des opportunités d’achat potentielles existent. Nous avons une approche raisonnablement constructive de l’économie à l’échelle mondiale et des États-Unis en particulier. L’économie américaine enregistre une croissance annuelle de 2 % environ, ce qui n’est pas un taux de croissance exceptionnel mais correct pour un investisseur en obligations. Au moins à court terme, nous tablons sur un environnement plutôt optimiste pour les entreprises, et le consommateur semble disposer de bonnes aptitudes également. Nous nous concentrons sur les classes d’actifs telles que les obligations d’entreprises. Nous demeurons prudemment positifs à l’égard des obligations d’entreprises et des titres adossés à des hypothèques mais nous conservons notre diversification, car peu de secteurs nous semblent actuellement peu chers sur les marchés obligataires. Cela étant, nous optons pour un niveau de risque raisonnable, car nous sommes d’avis que les fondamentaux demeureront relativement solides à court et à moyen terme.

Michael Hasenstab : Si la Fed amorce un changement en premier lieu et si les taux d’intérêt américains commencent à se normaliser, alors des taux américains plus élevés< ainsi que des taux stables au Japon ou en Europe devraient conduire à un billet vert plus vigoureux, au moins provisoirement. Nous sommes de surcroît d’avis que la monnaie unique et la devise nippone devraient essuyer de nombreuses turbulences allant au-delà de celles portant sur les taux d’intérêt.

La situation sera probablement légèrement différente pour les marchés émergents, car bon nombre de ces pays disposent d’un avantage considérable en termes de rendement par rapport aux États-Unis. Certains pays, dont les rendements obligataires sont très bas, pourraient être plus sensibles à un relèvement des taux américains. Une plus grande bifurcation vers les devises des marchés émergents devrait être observée.

Stephen Dover : Les bénéfices des entreprises n’ont pas seulement été solides mais également coordonnés à l’échelle mondiale, ce scénario faisant son apparition pour la première fois depuis longtemps. Les bénéfices ont continué de créer la surprise du fait de leur hausse, notamment dans les marchés émergents, et dans une certaine mesure en Europe aussi désormais. Je crois que tant que les taux d’intérêt poursuivent leur ascension sur une base mesurée, cette progression est intégrée à ce stade par le marché. Le contexte est relativement favorable et les marchés relativement paisibles, donc le risque réside dans le fait qu’en cas de choc, les marchés ne seront sans doute pas réellement préparés.

Pour finir, tant que les entreprises enregistrent une croissance de leurs bénéfices, le marché devrait être en mesure de progresser. L’Europe a connu un certain revirement économique et quelques évolutions positives sur le plan politique. Les banques européennes se portent bien mieux que ce que beaucoup escomptaient. Les valeurs financières ne se sont en général toujours pas complètement redressées depuis la crise financière mondiale de 2007-2009, engendrant un potentiel de hausse supplémentaire. Nous tablons toujours dans une certaine mesure sur des opportunités dans ce contexte.

Toutefois, quelques risques extrêmes demeurent en Europe, ces derniers n’étant probablement pas intégrés par le marché à ce stade. Nous observons également de nombreuses opportunités dans les marchés émergents, ces derniers affichant une croissance et des changements politiques favorables — au moins dans certains marchés émergents tels qu’en Amérique latine.

Stabilité ou volatilité du marchéComment les investisseurs devraient-ils se préparer ?

Q : En dépit de différents facteurs de risques, la volatilité des marchés d’actions reste proche de niveaux historiquement bas. De quelle manière les investisseurs doivent-ils réfléchir au risque dans les marchés d’actions à l’heure actuelle ?

Ed Perks : Je crois qu’il est important d’effectuer un retour en arrière au-delà des 12 à 15 derniers mois. Dans le cadre d’une rétrospective plus longue, il y a tout juste deux ans, les marchés rencontraient une volatilité substantiellement plus élevée. Les indices boursiers internationaux élargis ont enregistré une correction massive depuis le milieu de l’année 2015 jusqu’au début de l’année 2016. Néanmoins, je suis d’avis que cette période actuelle de faible volatilité s’accompagne de nombreux avantages. Dans les années ayant suivi la crise financière mondiale, l’objectif des interventions de la Fed en matière de politique monétaire et des actions des banques centrales mondiales en général a été de réduire la volatilité au sein des classes d’actifs et plus largement au sein de l’économie, et nous en avons sûrement retiré certains avantages. Nous avons observé la poursuite de la croissance des économies américaine et mondiale à un rythme relativement modéré. Il me semble que la faible volatilité du marché observée a probablement eu une certaine influence sur l’activité relativement robuste et la confiance des consommateurs existant à l’heure actuelle. Pour les investisseurs, cela a permis de mettre davantage l’accent sur les fondamentaux, qui se sont avérés solides.

Toutefois, cette période de volatilité relativement faible (je ne dirais pas sans précédent, mais relativement faible) ne devrait pas perdurer. Selon moi, les impondérables résident dans les risques plus significatifs qui pourraient subsister. Au cours des dernières années, nous avons été témoins de l’injection d’un montant considérable d’actifs dans des stratégies passives. Donc dans quelle mesure observerons-nous une vente d’actions sans discernement et algorithmique d’actifs en général alors que la volatilité s’envole ? Il s’agit d’une chose qui nous concerne un peu et à laquelle les investisseurs devraient penser selon nous.

Stephen Dover : Selon Ed, les fonds passifs sont par essence des acteurs de la dynamique : acheter « haut » des titres dotés de plus-values qui obtiennent des pondérations progressivement plus importantes au sein d’un indice donné, tout en vendant « bas » des titres dotés de moins-values et dont les pondérations sont progressivement réduites au sein de l’indice, sans tenir compte du potentiel de hausse à venir des titres. La possibilité d’effectuer une vente sans discernement est l’une des choses que nous observons sous l’angle de la recherche. Nous examinons dans quelle mesure une société est détenue par des indices, ou par des investisseurs passifs, parce que ces liquidités pourraient sortir très rapidement et avoir une incidence sur la société.

L’éléphant dans la zone d’investissement

Q : De quelle manière les risques politiques exogènes influencent-ils votre stratégie de placement ?

Chris Molumphy : Selon moi, les marchés ont effectué un assez bon travail par le biais de ces épisodes de volatilité non fondamentaux — politiques, géopolitiques et autres — et ont relativement bien résisté. Mais pour répondre à votre question, les risques exogènes rendent les choses légèrement plus difficiles. Parallèlement, si vous êtes en mesure de respecter votre principale stratégie d’investissement, les fondamentaux et un horizon à long terme, vous pouvez exploiter ces évènements en guise d’opportunités. Les épisodes de volatilité du marché peuvent générer des opportunités d’achat. Ce que nous essayons de faire est de déterminer si les risques à court terme auront une incidence sur les fondamentaux à long terme. La plupart du temps, ils tendent à être plus transitoires par nature.

Michael Hasenstab : La réorientation dans bon nombre de marchés émergents vers une politique plus traditionnelle a été une source d’opportunités pour nous. Aux États-Unis et sur le Vieux Continent, le contexte politique est davantage chargé et, dans certains cas, cette politique traditionnelle a été abandonnée. Dans des pays tels que le Mexique, par exemple, les responsables politiques sont restés sur leurs positions, ont relevé les taux d’intérêt pour protéger leurs devises (en dépit d’attaques spéculatives), sont allés au bout des choses en adoptant des réformes budgétaires et ont libéralisé le secteur énergétique. Nous avons été témoins d’un net regain du peso.

Parallèlement, le Brésil s’est attelé à lutter contre la corruption d’une manière plus déterminée que jamais. Certains changements politiques favorables en découleront selon moi. Quant à l’Argentine, ce pays a opéré une volte-face à 180 degrés, sous l’égide du président Mauricio Macri, en renouant avec les principes du marché et en faisant repartir l’économie. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a entamé une réforme très rigoureuse du système fiscal et mis en place des objectifs en termes d’inflation avec la banque centrale. Ainsi, d’importants changements fondamentaux favorables ont été observés dans les marchés émergents et généreront, selon moi, des dividendes pour les années à venir.

En Europe, nous sommes légèrement plus prudents à l’égard d’un horizon à moyen terme. La croissance connaissant une embellie, il est peu probable qu’il s’agisse d’une poudrière notable à court terme d’après moi. Néanmoins, la montée du nationalisme atteint des niveaux jamais observés depuis des décennies. Le désir d’une Europe œuvrant de concert semble s’éloigner et l’identité nationale croît au détriment de l’identité européenne. À long terme, cette tendance sera un défi de taille pour la zone euro.

Stephen Dover : Une grande partie des politiques ne concerne pas nécessairement les bénéfices des entreprises, du moins à court terme. Selon moi, le contexte politique n’a pas eu de répercussions notables sur le marché d’actions dans l’ensemble, puisque les flux bénéficiaires n’ont pas été effectivement impactés.

Comme Michael, je suis plutôt enthousiaste à l’égard des perspectives des marchés émergents qui semblent plus progressistes que les marchés développés. Au Brésil, comme l’a indiqué Michael, un gouvernement impopulaire est à l’origine de changements radicaux. Ces évolutions sont facilement abordables dans le sens où elles sont susceptibles d’avoir des répercussions économiques très positives et, finalement, sur les bénéfices de bon nombre de sociétés au Brésil selon moi.

Ed Perks : Au risque de simplifier à l’excès, je pense que la diversification est la meilleure règle à suivre lorsque vous misez sur un portefeuille élargi. Les marchés tablent-ils sur une hausse de la corrélation au sein des classes d’actifs ? Les investisseurs doivent en être particulièrement conscients selon moi. En tant qu’investisseurs nous-mêmes, nous avons besoin d’accéder en fin de compte à un ensemble de composantes aussi vastes et aussi solides que possible pour nos portefeuilles. Généralement, bon nombre de marchés ayant des niveaux de valorisation différents en termes d’attractivité, nous souhaitons adopter une approche toujours plus spécifique concernant les expositions que nous pourrions obtenir dans certaines classes d’actifs.

CFA® et Chartered Financial Analyst® sont des marques déposées de CFA Institute.

Les commentaires, les opinions et les analyses présentés dans ce document reflètent un point de vue personnel du gérant et sont fournis à titre d’information uniquement. Ils ne constituent pas des conseils d’investissement individuels, une recommandation à acheter, vendre ou détenir un titre ou à adopter une stratégie d’investissement particulière. Ils ne constituent pas un conseil d’ordre juridique ou fiscal. Les renseignements contenus dans ce document sont valables à leur date de publication, peuvent changer sans préavis, et ne constituent pas une analyse complète de tous les événements survenant dans les divers pays, régions ou marchés.

Les données de tierces parties peuvent avoir été utilisées dans la préparation de ce document, et Franklin Templeton Investments (« FTI ») n’a pas vérifié, validé ni audité de manière indépendante ces données. FTI décline toute responsabilité quant aux éventuelles pertes résultant de l’utilisation de ces informations, et la pertinence des commentaires, analyses et opinions présents dans cet article est laissée à la seule appréciation du lecteur. Les produits, services et informations peuvent ne pas être disponibles dans toutes les juridictions et sont fournis par les sociétés affiliées de FTI et/ou leurs distributeurs, dans la mesure où la réglementation/législation locale l’autorise. Veuillez consulter votre conseiller financier pour toute information supplémentaire sur la disponibilité des produits et services dans votre juridiction.

Recevez directement toutes les perspectives de Franklin Templeton Investments. Abonnez-vous au blog Beyond Bulls & Bears .

Pour recevoir des informations abrégées sur l’investissement, suivez-nous sur Twitter @FTI_Global et sur LinkedIn.

Quels sont les risques ?

Tout investissement comporte un risque, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Les cours des actions sont soumis à des fluctuations, parfois rapides et importantes, en raison de facteurs affectant les entreprises individuelles et certains secteurs ou sous-secteurs, ou du fait des conditions générales de marché. Les prix des obligations évoluent généralement dans le sens opposé des taux d’intérêt. Ainsi, lorsque les taux d’intérêt augmentent, la valeur d’un portefeuille obligataire peut reculer. Des rendements élevés reflètent un risque de crédit supplémentaire pris pour investir dans des titres moins bien notés et pour compenser dans certains cas la faiblesse de leur prix de marché. Le prix et le rendement de l’action risquent d’être pénalisés par des variations de taux d’intérêt. Si on les garde jusqu’à leur échéance, les emprunts d’État offrent un taux de rendement fixe et une valeur fixe correspondant au principal ; les paiements d’intérêt et du principal sont garantis.

Les investissements à l’étranger comportent des risques spécifiques, comme les variations des taux de change, l’instabilité économique et l’évolution de la situation politique. Ces risques sont supérieurs pour les investissements sur les marchés émergents, auxquels s’ajoutent les risques liés à la plus petite taille de ces marchés, à leur liquidité inférieure et à l’absence de cadre juridique, politique, commercial et social propice aux marchés de valeurs mobilières. De tels investissements peuvent connaître une volatilité importante des prix pendant une année donnée.