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Les bons du Trésor américain à 10 ans dépasse les 3 % Beaucoup de bruit pour rien ?

Le 24 avril, le taux des bons du Trésor américain à 10 ans a franchi le seuil des 3 % pour la première fois en quatre ans, ce qui a suscité de nombreuses discussions sur les implications potentielles pour l’économie américaine. Mais pour citer la célèbre pièce de Shakespeare, les médias font-ils beaucoup de bruit pour rien ? Pour Michael Materasso, du Franklin Templeton Fixed Income Group, ce chiffre ne doit pas inquiéter les investisseurs outre mesure.

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Le taux des bons du Trésor américain à 10 ans a dépassé les 3 % fin avril, ce qui a suscité de nombreuses discussions parmi les observateurs du marché quant à ce que le franchissement de ce seuil psychologique implique pour l’économie américaine. Les bons du Trésor à 10 ans sont une référence pour divers instruments de taux d’intérêt, y compris les hypothèques, et  sont donc très surveillés.

Je pense que le franchissement du seuil des 3 % est probablement très intéressant à un niveau fondamental car ce chiffre coïncide avec ce que nous pensons être le « taux final » de la Réserve fédérale (Fed), le niveau auquel son taux d’intérêt à court terme finira par culminer dans le cycle de resserrement actuel.

Le fait que le taux des bons du Trésor à 10 ans ait franchi la barre des 3 % soulève des questions intéressantes quant au rythme et au calendrier des futures hausses de taux d’intérêt de la Réserve fédérale. Pour autant, nous ne pensons pas que cela implique quoi que ce soit de funeste en termes de perspectives économiques, comme certains l’ont suggéré.

Pour ce qui est de nos perspectives actuelles, l’économie américaine a connu un ralentissement au milieu des années 1900, une période intéressante à des fins de comparaison. La Fed ayant relevé les taux d’intérêt à l’époque, le taux de chômage a augmenté et l’économie a connu un trimestre faible (qui a été révisé par la suite). Elle a finalement atteint son objectif – « atterrir en douceur » – à bien des égards, ce qui s’est traduit par une période prolongée de croissance relativement modeste. 

Inflation : Être ou ne pas être, telle est la question

Bien sûr, chaque cycle est différent, et nous devons être conscients de ces différences. Par exemple, les réductions d’impôts et les réformes adoptées par l’administration du président Trump, les mesures de relance budgétaire de fin de cycle et l’assouplissement des exigences en matière de fonds propres des petites et moyennes banques pourraient avoir un impact inflationniste plus important dans le cycle économique actuel, surtout si l’on considère que l’écart de production de l’économie américaine (l’écart entre la croissance économique réelle et potentielle) s’est en grande partie comblé.

Dans le même temps, les puissantes forces séculaires de la démographie et de la technologie ont œuvré de concert pour contenir l’inflation. Un vieillissement de la main-d’œuvre américaine signifie que l’économie disposera d’un pool de main-d’œuvre plus réduit, alors que l’intelligence artificielle et d’autres technologies émergentes continuent à progresser dans l’automatisation de nombreuses tâches manuelles et répétitives.

Dans l’ensemble, nous estimons que l’impact net des mesures de relance budgétaire et fiscales devrait se traduire par une brève poussée de croissance supérieure à la tendance, l’inflation dépassant l’objectif de 2 % de la Fed, alors que le taux de chômage continue de baisser.

Nous prévoyons que la Fed atteindra probablement ses objectifs concernant le rythme des nouvelles hausses de taux   vis-à-vis des marchés. Cependant, sur le moyen terme, nous pensons probable que l’économie commence à ralentir à mesure que les effets fiscaux et financiers s’estomperont. Nous notons également que les pressions inflationnistes se relâchent à mesure que les forces séculaires d’amortissement de l’inflation à long terme recommencent à exercer leur influence.

Récession ou super-cycle ?

Dans l’ensemble, notre perception de l’économie américaine n’a pas changé de façon spectaculaire. En dépit de zones de faiblesse à la marge, nous ne pensons pas qu’une récession soit imminente.

Cependant, nous n’estimons pas que la Fed ait conquis le cycle économique, de sorte qu’à un moment donné, l’économie devrait tomber en récession. Toutefois, nous ne pensons pas qu’il s’agit d’une conclusion prévisible à court terme. Les éléments d’un cycle économique prolongé (c.-à-d. un « super cycle ») pourraient encore être en jeu. Si la Fed fait preuve d’habileté à gérer son cycle de resserrement et qu’aucun choc inattendu majeur ne survient (par ex. des surprises géopolitiques), notre cycle de croissance actuel pourrait continuer de progresser.

L’actuelle expansion américaine – qui dure depuis neuf ans et se poursuit – est assez longue par rapport aux normes historiques. Mais elle a aussi été très superficielle, rares étant les déséquilibres qui ont eu tendance à faire tourner la croissance. Nous pensons que ce qui précède a d’importantes implications pour sa pérennité.

Ce qui importe le plus à nos yeux, c’est non pas un chiffre spécifique, mais bien les fondamentaux globaux de l’économie américaine. Pour nous, la situation semble encore être positive.

 

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